Il s’appelait Sankara
1989, 189 pages, JAPRESS
Contact Edition : JAPRESS 51 avenue des Termes 75017 Paris

Présentation (4 ème de couverture)
Il est mort,
L’auteur
"44 ans, rédacteur en chef au groupe Jeune Afrique, Il a déjà écrit plusieurs ouvrages sur le Mali, Congo, Madagascar. Il est surtout l’auteur d’une biographie de
Sommaire du livre
Avant propos
1 – Le calme avant la tempête
2 – Venus pour tuer
3 – "Votre petit Sankara est fini !"
4 – Comme d’éternels étudiants
5 – La guerre des tracts
6 – Qui sont les vrais comploteurs ?
7 – "C’était lui ou nous !"
8 – Sus aux "militants dégénérés
9 – La parenthèse Sankara est fermée
10 – Au secours de Mariam
11 – Un pays comme les autres
12 – Un mythe
Tous comptes faits
Annexes
I Le mémorandum des événements
II Discours de Sankara aux Nations Unies
III Bilan des Assises Nationales
IV Glossaire
Nos commentaires
L’annonce de la mort de Sankara a particulièrement touché l’auteur, Sennen Andriamirado, qui entretenait des rapports avec lui et qui nous avait livré en 1986 la première biographie alors qu’il était encore vivant.
Il est donc venu très rapidement après le 15 octobre pour tenter d’y voir clair. Dans son style alerte de grand reporter expérimenté il nous livre ce qu’il a pu apprendre.
Peu après le 15 il réussit à avoir Blaise Compaoré au téléphone qui lui dit "Il faut qu’on parle. Viens et on parlera. Je vais tout t’expliquer… Tu connaîtras la vérité. Dès que tu arrives fais-moi signe". En réalité il ne sera jamais reçu. Mieux les nouvelles autorités tentèrent de le salir.
Il déclare "je ne suis pas témoin neutre. Plus encore que de son vivant, je reste très attaché à
Il sera donc le premier à raconter en détail les moments précédents l’assassinat et l’assassinat lui-même grâce au témoignage du seul survivant parmi les collaborateurs de Sankara présents ce jour là.
Sa thèse s’en tient essentiellement aux divergences politiques et il analyse dans les détails les clivages et divergences qui se sont faits jour dans la dernière période, entre les différents groupes révolutionnaires organisés entre eux, entre ceux qui annoncent vouloir de nouvelles "clarification" et ceux autour de
Ensuite il relate l’aventure du capitaine Boukary Kaboré dit le Lion et sa résistance militaire qui sera écrasé dans le sang, certains de ses proches se faisant même brûler au lance flamme. Il réussira à s’enfuir à l’étranger mais ses tentatives d’organiser la résistance s’avérèrent vaines comme d’autres tentatives que Sennen rapportent. Il rend compte aussi de l’émoi général qui touche l’Afrique et raconte la réunion de Paris qui a eu lieu un an après l’a mort de Sankara.
Après avoir recueilli de nombreux témoignages de tout bord dit-il, ses conclusions sur les raisons de la mort de Sankara sont assez mitigées. Il ne croit visiblement pas à la thèse selon laquelle Sankara préparait un complot contre Blaise et ses proches, mais s’en tient à celle selon laquelle il ne s’agit que du dénouement tragique des seuls clivages politiques internes.
Voilà ce qu’il conclut page 98 : "De très nombreux témoignages que nous avons recueillis pendant douze mois d’enquêtes il parait ressortir trois données à peu près établies : primo, Blaise Compaoré n’a jamais donné l’ordre à ses hommes de tuer
Il se croit obligé de réfuter fermement la thèse d’une implication étrangère alors que depuis quelques temps, les éléments permettant de l’accréditer se font jour. Nous en produisons quelques uns sur le site et d’autres devraient suivre. Ainsi écrit-il page 160 : "Beaucoup l’ont retenue (la thèse de l’ingérence étrangère). Un peu trop vite. Souvent ceux qu’on appelle pompeusement les observateurs - politologues, journalistes, dirigeants politiques, intellectuels - ont tendance à compliquer le situations les plus simples, fussent-elles tragiques, et à chercher bien loin les explications qu’ils ont pourtant sous les yeux… Lorsqu’il s’est agit d’expliquer à chaud mais aussi à froid, l’assassinat , certains on voulu y voir, pêle-mêle, une opération organisée avec le libyen Mouammar Kadhafi, approuvée par l’Ivoirien Félix Houphouët Boigny, soutenue par le Togolais Gnassingbé Eyadéma, voire par tous les "impérialistes" réunis… Les témoignages n’ont pas manqué, et nous en avons recueilli plusieurs, contradictoires mais souvent troublants, voire vraisemblables sans être probants. Et plus loin sa conclusion est sans appel : "Blaise Compaoré a raison quand il dit et répète que les évènements du 15 octobre 1987 sont l’aboutissement d’une crise exclusivement interne."
Pourquoi une telle charge contre ceux qui développent la thèse d’un complot extérieur ? N’aurait-il pu le formuler autrement en reconnaissant par exemple que cette thèse était possible mais qu’il disposait de trop peu d’éléments ? D’autant plus que faute de preuves, il y a au moins le raisonnement politique qui rend cette thèse tout à fait crédible, ce qui ne transparaît nullement dans le livre. Sennen a-t-il subi des pressions de la part de direction du journal dont on a appris les liens particuliers avec Jacques Foccart après la mort de ce dernier et sa décision de faire de Jeune Afrique le légataire universel ? Un jour tout cela sera éclairci. Peut-être devrions-nous en hâter l’arrivée.
B J
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