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Le bar Sankara à Bayonne (France)

vendredi 2 février 2007 par Bruno Jaffré

Le bar Sankara à Bayonne (France)

 

Activités

- En plus des activités habituelles d’un bar (apéro huitres, boissons locales dont les fameuses bières basques, bière bio, et le fameux patxaran, alcool de prunelles basque) le bar Sankara accueille un concert une fois par mois, permettant à des musiciens locaux de se produire.

- Des débats sont réorganisés par des associations

- Une émission de radio "herri topa" (rencontre des peuples en basque) produites, réalisées et présentée par "Les douglas" enregistré au public sous le portrait de Thomas Sankara sur gure irratia (notre radio) tous les mardis soir. On peut l’écouter sur radio 106.6 dans le pays basque ou sur le site Internet gureirratia.com. Certaines de ces émissions sont encore diffusées sur la radiocultura.com.

 

 

Articles de presse

L’Europe a ses héritiers de la révolution de Sankara

Ils s’appellent Xan, Jeff et Jurgi et ne sont ni Mossi, ni Dioula, ni Peuls ni Gourmanché. Ils sont basques et viennent d’ouvrir un bar nommé Le Sankara dans la capitale du Pays Basque de France, à Bayonne, à deux pas de la frontière espagnole et de l’océan Atlantique. Au c¦ur de la vieille ville, dont les murailles épaisses témoignent encore d’une histoire militaire vieille de plusieurs siècles, le bar Sankara ouvrait officiellement ses portes ce vendredi 7 octobre en proposant davantage un lieu de rencontre et de discussion qu’un simple Maquis. Voire même un lieu « d’ouverture et d’éducation » précise Xan Bidegain, l’un des deux maîtres du lieu, qui estime que Thomas Sankara est « l’une des personnes les plus importantes à faire connaître aujourd’hui ».

18 ans après son assassinat, Thomas Sankara continue de faire des émules et les germes de sa pensée fleurissent jusqu’au coeur de cette Europe barbelée, qui se ferme au flux des hommes du sud mais ne parvient pas à arrêter les idées. Bien loin de l’aridité du Sahel, le Bar Sankara de Bayonne fait face au fleuve La Nive, dans un centre-ville cossu, entouré de restaurants gastronomiques de plus en plus selects. Une enseigne rouge et verte, faite de bois, brandit le nom illustre au dessus des eaux vertes, prolongée d’une tête de cheval qui n’est pas sans rappeler l’étalon Mossi, et rehaussé d’une étoile jaune. L’intérieur est soigné. De grosse poutre apparente servent de cadre à des portraits de Thomas Sankara, des photos de sa tombe, de sa maison, de ses parents et une grande affiche jaune qui marquait, à

Ouagadougou, les dix ans de sa disparition, en octobre 1997. De belles tables de bois scintillent sous le soleil qui pénètre dans la pièce et les reflets de l’eau jouent sur un vaste drapeau burkinabé qui orne le plafond.

On y trouve toute sorte de bières, des alcools basques, des sucreries. On y écoute des musiques du monde entier. « Bien sûr, c’est d’abord un bar, dit Xan (prononcer Chan), mais pour nous, il s’agit de s’ouvrir à une partie d’un monde qui ne connaît pas Thomas Sankara ». Pour ce faire, les murs ont la parole, qui retracent la vie du dirigeant, mais Xan compte aussi sur « des échanges avec le public ».

Ainsi, le 15 octobre, jour de l’anniversaire de son assassinat, Thomas Sankara aura les honneurs du bar, avec une conférence et un débat public en présence de Bruno Jaffré, auteur de nombreux ouvrages sur la révolution Burkinabé et sans doute le meilleur spécialiste français de Thomas Sankara.

Le débat sera animé par un journaliste et un comédien professionnel dira le discours que Thom Sank prononça devant l’assemblée générale des Nations Unies le 4 octobre 1984. Dans le bar Sankara, toutes les associations du Pays Basque en lien avec le continent africain devraient également se réunir, pour la première fois, autour de l’Association survie, le 12 novembre, pour commenter le scrutin qui aura lieu le lendemain au Burkina Faso et évoquer le règne long et si peu marquant de Blaise Compaoré dont personne ici ne songerait à utiliser le nom pour désigner le moindre maquis.

« Moi, je fais corps avec toutes les revendications de Sankara, explique encore Xan, que ce soit pour le droit des femmes, la dette, le social... » Ce jeune homme, qui n’a pas encore trente ans, est aussi un militant basque, et c’est avec ce regard politique qu’il souhaitait « rester dans la lignée des révolutionnaires intègres ». Le bar s’appelait autrefois le Sandiniste, et l’intégrité requise a mené naturellement Xan, Jeff et Jurgi à choisir Sankara. Le Pays Basque a en commun avec le Burkina un goût affirmé pour la politique, comme une nécessité revendicatrice. En avril dernier, déjà, à Bayonne, c’est de Thomas Sankara dont le public voulait entendre parler, au cours d’une conférence organisée par le Club de la presse du Pays Basque qui avait invité le directeur de publication de Bendré, Chériff Sy, et le réalisateur du film Borry Bana, Abdoulaye Diallo.

Mais Xan et ses amis avait cette idée en tête depuis longtemps. Parce que Sankara est un beau symbole. La tête de cheval sur l’enseigne du Sankara a été dessinée d’après le logo du groupe de musique Chilien Quilapayun. Un groupe qui a connu l’exil après l’assassinat de Salvador Allende en 1973, et a vécu trente ans sans pouvoir rentrer au pays. « La plus grande tournée au monde » commente Xan qui a ainsi réuni sur son enseigne « deux symboles qui nous touchaient ». Au fond, ce petit bar Sankara a déjà une grande ambition, celle d’être, comme le souhaitait Thomas Sankara dans son fameux discours à l’ONU, « héritier de toutes les révolutions du monde ». 18 ans après sa mort, la révolution de Sankara trouve à l’inverse des héritiers dans le monde. 

Rémi Rivière

Cet article est paru dans le numéro de l’hebdomadaire burkinabé Bendré (http://www.bendre.africa-web.org ) le 16 octobre 2005

 

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A la santé de Thomas Sankara

Le nouveau bar Le Sankara propose une conférence sur ce dirigeant emblématique

Le bar s’appelait "Le Sandiniste" et les nouveaux maîtres des lieux voulaient "rester dans la lignée des révolutionnaires intègres". Un parti pris qui a conduit Xan, Jeff et Jurgi, les nouveaux maîtres des lieux, à convoquer la mémoire du dirigeant emblèmatique du Burkina Faso, assassiné il y a tout juste dix-huit ans aujourd’hui. Ouvert depuis une semaine, Le Sankara propose, pour marquer ce sombre anniversaire, une conférence-discussion, organisée avec la complicité de l’association Survie Euskal Herri, sur le thème "Thomas Sankara, l’homme et le mythe 18 ans après". Pour ce faire, ils accueillent à partir de 18h aujourd’hui, le biographe de Thomas Sankara, Bruno Jaffré, auteur de nombreux ouvrages sur le sujet et de collaborations, notamment dans le mensuel Le monde diplomatique. Une conférence que les organisateurs souhaite animée d’échange avec le public, et qui sera agrémentée de la lecture d’un discours de Thomas Sankara à l’assemblée des Nations Unis en octobre 1984 par deux comédiens bien connus du Théâtre des Chimères, Muriel Mâchefer et Txomin Héguy qui sortiront tout juste de la résidence de création du Cercle de craie caucasien à Ispoure.

"Je parle au nom de ces millions d’êtres qui sont dans les ghettos parce qu’ils ont la peau noire ou qu’ils sont de culture différente et bénéficient d’un statut à peine supérieur à celui d’un animal" lançait Thomas Sankara en introduction à ce discours poignant, devant les nations. A l’heure où l’Europe découvre la réalité des populations du sud Sahel derrière les barbelés de Ceuta, Bruno Jaffré évoquera l’expérience politique singulière d’un des pays les plus pauvres du monde et brossera le portrait atypique d’un dirigeant qui sert encore d’emblème à la jeunesse africaine. Un portrait détonnant qui rompt avec les standards de chefs d’États africains.

"L’une des personnes les plus importantes à faire connaître aujourd’hui" lance Xan Bidegain, en souhaitant que son bar soit aussi un "lieu d’ouverture et d’éducation". "Bien sûr, c’est d’abord un bar, dit Xan, mais pour nous, il s’agit de s’ouvrir à une partie d’un monde qui ne connaît pas Thomas Sankara". Pour ce faire, les murs ont la parole, qui retracent la vie du dirigeant, mais Xan compte aussi sur "des échanges avec le public". 

Rémi Rivière

 

 


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