Légende de la photo : à l’occasion du 8 mars 1987, le camarade, Président du Faso, Thomas Sankara remet à une militante de l’UFB (Union des femmes burkinabè) . “Planter des arbres, lutter contre la désertification

A l’occasion du 8 mars nous publions cet article en hommage aux femmes et à Thomas Sankara qui a tant œuvré pour leur libération. Nous vous rappelons que vous pouvez retrouver le discours à https://www.thomassankara.net/la-liberation-de-la-femme-une/.

La rédaction du site


Par Djabire Marwan OUEDRAOGO-DMO

À l’aube de cette Journée internationale de la femme, l’écho du discours historique du 8 mars 1987 résonne avec une force intacte. Pour le Capitaine Thomas Sankara, l’émancipation féminine n’était ni un effet de mode, ni une concession polie faite à la modernité. C’était, et cela demeure, l’unique condition de possibilité d’une révolution authentique et d’un développement endogène durable pour l’Afrique.

Le silence des femmes : un frein à l’histoire

Sankara avait identifié avec une précision chirurgicale que la stagnation d’une société est directement liée à l’oppression de sa composante féminine. Il refusait de concevoir une marche vers le progrès qui laisserait la moitié du peuple sur le bord du chemin. Sa vision était claire : une société qui opprime les femmes s’opprime elle-même.

Comme il le martelait avec passion : « Que jamais mes yeux ne voient une société, que jamais mes pas ne me transportent dans une société où la moitié du peuple est maintenue dans le silence » – Extrait de son Discours le 8 mars 1987. Ce « vacarme du silence » qu’il entendait était pour lui le signe d’une énergie révolutionnaire étouffée qui, une fois libérée, transformerait radicalement le continent.

L’émancipation : une nécessité politique et économique

Pour le leader de la Révolution, la libération de la femme ne relevait pas de la charité. Elle était un impératif stratégique. En s’attaquant à des fléaux tels que les mariages forcés, la dot et l’excision, il visait à restaurer la dignité humaine pour libérer le potentiel productif et intellectuel des femmes.

Il affirmait sans détour : « La révolution et la libération de la femme vont ensemble. Nous ne parlons pas de l’émancipation des femmes comme d’un acte de charité ou d’un élan de compassion humaine. C’est une nécessité fondamentale pour le triomphe de la révolution ». Cette vision unifiait la lutte des classes et la lutte des genres, considérant que la femme subissait une double exploitation : celle de l’impérialisme et celle du patriarcat.

Un héritage pour le monde d’aujourd’hui

Aujourd’hui, l’approche sankariste de la question féminine nous offre un repère universel. Elle nous rappelle que le développement ne peut être importé, il doit naître de la mobilisation de toutes les forces vives de la nation. L’éducation des filles et l’autonomie économique des femmes, piliers de son action, restent les leviers majeurs pour relever les défis de la sécurité alimentaire et de la souveraineté.

En ce 8 mars, honorer la femme, c’est comprendre que la femme n’est pas seulement « l’autre moitié du ciel », elle est le moteur même de la transformation sociale. Sa vision nous invite à passer de la célébration symbolique à l’action structurelle pour que, selon ses mots, l’irruption féconde de la force féminine puisse enfin féconder l’avenir de l’Afrique.

Djabire Marwan OUEDRAOGO-DMO

LAISSER UN COMMENTAIRE

Saisissez votre commentaire svp!
SVP saisissez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.