L’ASSASSINAT DE THOMAS SANKARA : L’EXACERBATION DES OPPOSITIONS POLITIQUES ET L’EXPLOSION DE LA CRISE A LA VEILLE DU 15 OCTOBRE 1987 (1/3)
L’accentuation des dissensions internes au sein de l’instance dirigeante de la Révolution a été sans aucun répit. Les conspirations des groupes communistes les uns vis-à-vis des autres, la volonté acharnée de prééminence de ces derniers dans la conception et la direction de l’État révolutionnaire et les règlements de comptes qui en découlèrent avaient acculé les premiers leaders de la Révolution dans une situation politique labyrinthique qui les avait opposés. Avec cette donne, aucun compromis n’avait pu être trouvé afin de secréter une plate-forme idéologique et politique à même de fédérer l’ensemble des révolutionnaires, favoriser la naissance du parti d’avant-garde et sauver la Révolution. Malgré son discours rassembleur, sa volonté de corriger les erreurs afin de rassembler tout le monde, Thomas SANKARA s’était trouvé en butte à des ambitions opposées qui étaient désormais de faire la Révolution sans lui. Par conséquent, toutes ses entreprises politiques avaient subi le sabotage systématique de ceux qui se revendiquaient comme étant la crème du communisme burkinabè. Dans ce titre, nous analysons premièrement le discours et l’action du président du CNR pour rassembler toutes les composantes politiques dans un cadre au service de la Révolution. Enfin, il est question pour nous de disserter sur l’échec des tentatives de conciliation au sommet de l’État et la conséquence immédiate que cela a eue.
Face à la dégénérescence du corps politique révolutionnaire qui s’installait dans la chronicité, le président du CNR, le capitaine Thomas SANKARA, s’était employé particulièrement au cours de l’année 1987 à impulser une nouvelle dynamique tendant à l’apaisement et à la cohésion.
La prise de conscience de l’impact de la frénésie des transformations socio-économiques sur la population et la volonté de corriger les erreurs nées de l’exercice du pouvoir populaire par les CDR avaient convaincu le premier responsable de la Révolution de la nécessité d’une pause. Dès lors, dans tous ses discours se manifestait ce souhait qui, selon lui, pouvait aider la Révolution à se ressourcer avant de se relancer. C’est pourquoi dès l’année 1985, il avait instruit la reprise des licenciés de la Fonction publique, dont les enseignants du SNEAHV renvoyés en 1984. « La composition sans principe de la liste des enseignants repris indiquait en outre que le CNR souhaitait revenir sur l’une des mesures les plus impopulaires de ses trois années de pouvoir » (Pascal LABAZÉE, « Une nouvelle phase de la révolution au Burkina Faso » in http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/024114pdf).
La recherche du compromis sociopolitique s’était traduite par ailleurs par la clémence en faveur du colonel Saye ZERBO (chef de l’État voltaïque de 1980 à 1982) et de l’ex-président de l’Assemblée nationale Gérard Kango OUÉDRAOGO. En même temps, il y a eu cette ouverture en direction des dépositaires de l’autorité coutumière et la création de l’Union Nationale des Anciens du Burkina (UNAB). Ces initiatives pondératrices tendaient à rompre avec la praxis bonapartiste qui avait été la constante depuis l’avènement de la Révolution et l’investissement des CDR dans tous les milieux de la vie de l’État. L’admission de la gérontocratie dans le débat politique conférait désormais à ses éléments jadis décriés le droit de pouvoir jouer leur rôle de médiateur dans la société révolutionnaire. C’est ainsi que l’on peut interpréter les nominations de Maurice YAMÉOGO et de Sangoulé LAMIZANA comme membres d’honneur de l’UNAB.
La quête d’un second état de grâce pour la Révolution s’est poursuivie à l’endroit des commerçants et des industriels dans la réorientation en cours des alliances sociales. L’abaissement significatif, en 1986, des taxes douanières et surtout de la levée de l’ordonnance, en vigueur depuis janvier 1985, instaurant la gratuité de l’habitat locatif – détenu dans sa quasi-totalité par les entrepreneurs nationaux visait la restauration d’un climat de confiance qui n’existait guère. Dans la conception et la mise en exécution du plan quinquennal l’on constate qu’une place déterminante est accordée à l’investissement privé local.
Enfin, il y a eu cette volonté de reprise en main des CDR. À ce titre, la tenue des conférences de ces structures en 1986 et en 1987 constitua un signe fort. Lors de la première conférence, le président du CNR avait instruit un véritable procès du bas niveau de la formation des CDR, des exactions dont ils ont été responsables (Thomas SANKARA in SGN-CDR, 1986, Résultat des travaux de la première conférence nationale des Comités de Défense de la Révolution du Burkina, p.p.154-158). De ce constat procédait la volonté de réorienter leur action sur les priorités socio-économiques à partir de leur deuxième conférence à Dédougou en juin 1987 ; cette réorientation répondait à ce souci de trêve afin de reconstituer les forces nécessaires pour poursuivre le processus révolutionnaire. Celle-ci devait s’opérer surtout sur le plan politique et permettre aux structures révolutionnaires de capitaliser leur légitimité vis-à-vis de la population en mettant l’accent sur les œuvres sociales et économiques. À cela répondait particulièrement l’appel du président du CNR aux CDR de se saisir de l’opportunité de la réorientation stratégique pour améliorer leur image de marque. Il s’agissait donc de l’amorce d’une dimension nouvelle de la socialisation révolutionnaire dont l’objectif global était de corriger les erreurs et de réconcilier les acteurs de la Révolution avec le peuple tout entier (Kakiswendépoulmdé Marcel Marie Anselme LALSAGA, 2014, p. 53).
Mais cette détente globale ne pouvait devenir réalité sans qu’on n’ait pu au préalable faire l’économie des dissentiments qui polluaient le climat au sein de l’élite politique. D’où le souci de Thomas SANKARA de soigner la maladie congénitale de la Révolution qui naturellement était l’absence du parti d’avant-garde. Le CNR qui était l’organe dirigeant de la Révolution n’avait guère les contours d’un parti politique d’avant-garde. D’ailleurs, dans les deux premières années de son existence, il n’avait ni statuts ni organigramme d’un parti politique communiste ou socialiste classique, ce qui explique en partie le capharnaüm qui avait cours en son sein avec l’inimitié des groupes communistes. Ce n’est qu’à partir de 1985 que le CNR a pu se doter de textes de fonctionnement (statuts, règlement intérieur). En octobre 1985, s’amorça un début d’organisation au sein du CNR avec la création d’un Comité central, d’un Bureau politique et des cellules de base. L’impératif de la création d’un parti d’avant-garde qui allait fédérer toutes les sensibilités politiques et exorciser un tant soit peu les démons de la discorde et de l’intrigue s’imposait de facto.
Toutefois, le jeu trouble des politiciens au sein des différents groupes communistes, leur volonté à faire de leurs chapelles politiques le foyer de conception et d’administration de la Révolution au mépris d’un mouvement fédérateur allait mettre en péril tous les efforts de Thomas SANKARA d’aboutir à ce compromis politique. Parmi les opposants du président du CNR, les théoriciens communistes de l’UCB et du GCB étaient particulièrement les plus farouches. Contraste vraiment absurde lorsque l’on considère que Thomas SANKARA himself avait été le président de ce parti. Toute chose qui indique qu’il n’avait pas la situation en main dans sa propre famille politique. Les dissensions s’étaient surtout cristallisées sur la problématique de la création du parti d’avant-garde (Valère SOMÉ, 1989, Thomas SANKARA, l’espoir assassiné, Paris, L’Harmattan, p.p. 20-28).
Le projet sankariste était de procéder à un élargissement de la base de la Révolution à d’autres couches ou forces sociopolitiques afin d’aboutir à une certaine ouverture démocratique et politique dans la mise en place du parti (Capitaine Thomas SANKARA « Nous préférons un pas avec le peuple que dix pas sans le peuple » discours de l’An IV de la RDP in Carrefour africain n°1000 du 21 aout 1987, p.p. 7 – 11). La mise en place de cette réforme pour accroître le capital populaire et militant de la Révolution ne pouvait se faire dans un contexte martial. Or, comme nous le constations d’emblée, les lézardes politiques dans la famille révolutionnaire se posaient avec gravité. Face à cette situation de déchirures idéologiques et politiques, la panacée pour le président du CNR était à n’en point douter la création, coûte que coûte, vaille que vaille, du parti qui allait désormais par une gouvernance inclusive garantir la prise en compte de tous les Burkinabè et leur participation véritable au processus révolutionnaire.
Et en matière de modus operandi pour mettre en place cette institution politique d’avant-garde, la vision de Thomas SANKARA était d’éviter une sorte de nomenklatura qui risquerait de tomber dans l’opportunisme, la restrictivité et la sélectivité. Il s’était mis à l’évidence que ceux qui prônaient le purisme idéologique et politique n’étaient pas les plus authentiques et les plus désintéressés. Les deux derniers importants discours qu’il a prononcés en 1987, dont nous analysons certains extraits, montrent tout son attachement à une unité sans exclusive des révolutionnaires au sein d’un même parti (Sidwaya du 8 octobre 1987).
Mais le tandem UCB-GCB nourrissait une ambition contraire à celle du président du CNR. En tout état de cause, ce camp s’était présenté dans les groupes communistes comme le principal sicaire politique du président du CNR dans sa volonté d’ouverture et de pause. Les cadres théoriciens de ce bloc s’y opposaient résolument. Le 04 juillet 1987, au cours d’une très longue réunion interne à l’UCB qui dura toute la nuit, Thomas SANKARA proposa la dissolution des organisations dans le CNR en vue de la création du parti. Mais bon nombre des militants exprimèrent leur volonté de voir créer une structure autre que le CNR, dans laquelle les ulcéristes ne devaient pas être admis (Kakiswendépoulmdé Marcel Marie Anselme LALSAGA, 2014, p. 124).
Face à son vœu d’accélérer les réformes pour exorciser les mécontentements et la démobilisation grandissante, les ucébistes lui reprochèrent de passer outre les instances de leur organisation pour prendre de grandes décisions. Il proposa pour répondre aux mécontentements d’accélérer encore les réformes. Il menaça de déposer sa démission face à la pluie de critiques particulièrement acerbes qu’on lui adressait. Au bout du compte, l’on s’accorda pour reprendre les discussions en incluant l’ULCR, mais cela en dehors du CNR. Après cette mise en minorité, Thomas SANKARA cessa de participer aux réunions de l’UCB. Il mit désormais l’accent sur la revigoration de l’OMR afin d’en faire désormais un cadre d’appui pour faire passer ses idées et les mettre en œuvre (Sous l’impulsion de Thomas SANKARA, on commença la rédaction des textes fondamentaux de l’OMR en août 1987. Dans le préambule de ses statuts l’on peut lire : « Consciente du rôle historique qu’elle a joué pour le triomphe des tâches de la révolution et convaincue de la nécessité de l’existence d’une véritable avant-garde, l’Organisation Militaire Révolutionnaire se fixe comme tâche immédiate de réaliser l’union de la gauche burkinabè en vue de la création du parti marxiste-léniniste. » (FP, 1988, Mémorandum sur les évènements du 15 octobre, p. 15).
Le 06 et le 23 juillet 1987 les reprises des discussions entre les organisations membres du CNR aboutirent premièrement à l’adoption d’un plan d’unification, puis à la décision de poursuivre les discussions sur la base d’une plate-forme politique et de mettre en place un comité d’organisation provisoire pour le parti. Toutefois le consensus sur les modalités de constitution du Comité Provisoire pour le Parti manqua. Valère SOMÉ déclara à ce sujet : « Sur ce point, nous fûmes, le représentant du GCB (Jean-Marc PALM) et moi (représentant de l’ULC(R) », divergents. Le représentant de l’UCB (Watamu LAMIEN), comme dans toutes les questions épineuses, demeura louvoyant. Le GCB, proposa que le Comité provisoire fût composé de deux membres par organisation selon un rapport arithmétique. Je proposai de mon côté que l’initiative de la composition du Comité provisoire soit laissée à la discrétion du Président du CNR, puisque personne ne s’opposait à son leadership. » Comme on le constate, l’antinomie entre le bloc UCB-GCB et l’ULCR qui approuvait quelque peu la vision politique de Thomas SANKARA était des plus criardes. Les déclarations de bonnes intentions couvaient difficilement les luttes obscures entre les deux camps. Pendant ce temps, l’ULC-la flamme qui ne manquait pas de sympathie vis-à-vis du premier camp jouait le critique face à une situation de déchirements généralisée. Elle dénonce dans La Flamme n°02 cette rivalité accrue pour l’hégémonisme qui a comme conséquences intrigues, complots, putschisme, bureaucratisme, diffamation, esprit de coterie (lire l’extrait de La Flamme n°02 in Ludo MARTENS, 1989, Sankara, Compaoré et la révolution, Berchem, EPO International, page 163).
À la veille de la célébration du quatrième anniversaire de la Révolution, Thomas SANKARA est en butte à un véritable dédale politique. Le discours qu’il livre constitue une sorte d’offensive politique. Il annonce une pause, une rectification de la Révolution : « Dans le proche passé, nous avons parfois commis des erreurs. Cela ne devra plus se produire sur la terre sacrée du Faso. II doit y avoir de la place dans le cœur de chacun de nous pour ceux qui ne sont pas encore parfaitement en harmonie avec le Discours d’orientation politique et les objectifs de notre plan quinquennal. Ce sera à nous d’aller à eux et de les gagner à la cause révolutionnaire du peuple. La Révolution ne cherche pas des raccourcis. Elle impose à tous de marcher ensemble dans la même volonté de pensée et d’action. C’est pourquoi le révolutionnaire doit être un perpétuel pédagogue et un perpétuel point d’interrogation. Si les masses ne comprennent pas encore, c’est de notre faute. II faut prendre le temps d’expliquer et le temps de convaincre les masses pour agir avec elles et dans leurs intérêts. Si les masses comprennent mal, c’est encore de notre faute. Et il faut rectifier, nuancer, il faut s’adapter aux masses et non vouloir adapter les masses à ses propres désirs, à ses propres rêves. Les révolutionnaires n’ont pas peur de leurs fautes. Ils ont le courage politique de les reconnaître publiquement, car c’est un engagement à se corriger, à mieux faire. Nous devons préférer un pas ensemble avec le peuple plutôt que de faire dix pas sans le peuple. II faut encore beaucoup de travail politique pour élargir plus les rangs des militantes et des militants » (Thomas SANKARA, 1987, Discours de l’An IV de la RDP).
Quant à la problématique de l’union des révolutionnaires, il s’inscrit en faux contre ceux qui sont partisans d’une ligne pure et dure de la Révolution : « II nous faudra consacrer plus particulièrement l’An V à l’exécution de ces tâches-là qui sont d’ordre politique, idéologique et organisationnel. L’approfondissement de notre Révolution et les succès futurs de notre action politique dépendront de la justesse avec laquelle nous aurons résolu dans notre pays les questions organisationnelles et d’orientation idéologique. La Révolution ne saurait se poursuivre et atteindre ses objectifs sans organisation d’avant-garde à même de guider notre peuple dans tous les combats, sur tous les fronts. La construction d’une telle organisation doit requérir désormais beaucoup d’engagement de notre part. […] L’unité des révolutionnaires est assurément une étape par laquelle il nous faut passer pour aller plus en avant dans l’exécution de la tâche d’organisation de l’avant-garde. […] Mais gardons-nous de faire de l’unité une univocité asséchante, paralysante et stérilisante. Au contraire, préférons-lui l’expression plurielle, diversifiée, et enrichissante de pensées nombreuses, d’actions diverses ; pensées et actions riches de mille nuances, toutes tendues courageusement et sincèrement dans l’acceptation de la différence, le respect de la critique et de l’autocritique, vers le même, le seul objectif radieux qui ne saurait être rien d’autre que le bonheur de notre peuple. […] Evitons donc les élaborations éthérées qui donnent naissance à des organigrammes théoriques sans fonctionnalité, sans intérêt pour les masses ; simplement destinées à la contemplation de quelques rêveurs, zélateurs qui voudraient se faire plaisir. Au contraire, notre Révolution est d’abord une révolution qualitative ; une transformation qualitative des esprits qui se traduit dans la construction concrète de la société nouvelle burkinabè. C’est la qualité de la vie qui est en train de changer au Burkina et cela est la conséquence de l’évolution qualitative des esprits. » (Thomas SANKARA, 1987, Discours de l’An IV de la RDP).
L’exégèse de ces propos renseigne éloquemment sur la conception que le président du CNR avait de l’organisation d’avant-garde à mettre en place. Pour lui, il ne s’agissait guère de faire de l’orthodoxie dans la création de cette institution. Il souhaitait une constitution plurielle de cette organisation avant-gardiste de la RDP, cependant que certains militaires et les théoriciens des groupes communistes penchaient au parti communiste unique type soviétique ou chinois où ils devaient être les maîtres à penser. Cette tendance s’inscrivait également en faux contre les mesures d’apaisement social que le président du CNR estimait opportun de prendre afin de réconcilier la population avec la Révolution.
Pour matérialiser sa volonté d’ouverture, Thomas SANKARA avait signé la circulaire suivante adressée à tous les ministres : « Suite au discours du 04 août 1987, je vous invite à vouloir bien faire réexaminer les demandes de reprise d’agents sanctionnés pour leurs actes et propos contre la Révolution. Avec perspicacité révolutionnaire, sans complaisance mais sans sectarisme, vous devez courageusement engager le débat d’idées. Ceux qui font entrave au combat du peuple devront être convaincus par la force de vos arguments ; à défaut, vous devrez les amener au moins à respecter les devoirs du bon citoyen et à accomplir correctement les tâches qui leur sont confiées. Des camarades ont prouvé que les divergences politiques n’excluent pas dans certaines limites un bon rendement du travailleur : et notre peuple en a été le bénéficiaire. Il reste que vous devez rester fermes vis-à-vis de tous ceux qui, provocateurs fanatisés ou subtils saboteurs, confondraient dialogue et faiblesse » (CNR, PF, Lettre n°AN V 00019 du 19 août 1987, Le Président du CNR, Président du Faso à tous ministres, objet : reprise d’agents, in Jeune Afrique n°1401 du 21 novembre 1987, p. 41).
Mais pendant que l’ULCR soutient le président, dans le bloc UCB-GCB-ULC-la flamme, on récrimine crûment ce pas vers l’ouverture politique qu’il tente de développer. Les trois organisations disconviennent de l’option du président de procéder à la pause. Elles ne cautionnent guère la volonté de Thomas SANKARA de faire reprendre les agents sanctionnés. Les militants de l’UCB se prenaient comme les plus avancés, les vrais communistes, la voûte de la Révolution. C’est pourquoi ils plaidaient l’exclusion de l’ULCR et s’opposaient farouchement à l’implication du PAI, taxé d’opportuniste, dans la construction du parti. D’ailleurs, après l’assassinat de Thomas SANKARA, dans le journal étatique Sidwaya du 06 novembre 1987, l’UCB décalottait encore plus clairement son goût pour l’hégémonisme en ces termes : « Il y a nécessité objective pour les organisations de mener une lutte d’hégémonie sur le terrain afin d’aboutir en dernière analyse à une clarification conséquente et totale, indispensable pour la bonne poursuite de la Révolution » (T. G., « La vision mystique de l’unification et les leçons de la résistance » in Sidwaya n°893 du 06 novembre 1987, p. 05). C’est une lapalissade de dire que la continuité des joutes intestines avait poussé les principaux acteurs de la Révolution à se ranger soit dans tel camp soit dans tel autre. Un dualisme politique qui fut fatal au président du CNR.
Kakiswendépoulmdé Marcel Marie Anselme LALSAGA (KAMMANL), « Etat, Révolution et transition démocratique au Burkina Faso : le rôle des structures populaires révolutionnaires de l’avènement de la Révolution Démocratique et Populaire (RDP) à la restauration de la République », Université Joseph KI-ZERBO, thèse de doctorat en Histoire politique et sociale, p.p. 500-507.

















