65 ans de Thomas Sankara : Le gouvernement prié de tenir parole

Une cérémonie d’hommage et de recueillement en la mémoire du président Thomas Isidore Noel Sankara a été organisée cet après-midi par le mouvement « Balai Citoyen » au cimetière de DAGNOEN.

« Pour certains, il aurait 65 ans s’il était vivant mais pour nous il a 65 ans parce que son combat continue toujours », commente Smockey, leader du « Balai Citoyen ». « Nous espérons qu’il est fier quelque part, du travail que nous avons pu faire pour que Blaise quitte le pouvoir », a ajouté, plus tard, Sams’K Le Jah, l’autre leader du mouvement.

Promesse à tenir. Au cours de son intervention, Me Bénéwendé Sankara, avocat de la famille du défunt, a insisté sur deux sujets. « Le président de la transition avait affirmé que le dossier va être ouvert mais depuis lors nous n’avons eu aucune nouvelle », a-t-il souligné d’abord.

Me Sankara a demandé au gouvernement de la transition d’ouvrir le dossier et de procéder à des enquêtes pour que les responsables de l’assassinat du président Sankara soient enfin traduits en justice, exigeant au passage « un mandat d’arrêt contre l’ex-président Blaise Compaoré » et répondant au « à qui profile le crime ? » entonné par Smockey.

Ensuite, l’avocat a évoqué la question de l’expertise de la tombe du président Sankara qui permettrait de savoir si c’est bien lui qui y est enterré.

Test ADN. « Nous voulons purement et simplement que le gouvernement, par rapport au discours qui a été fait, puisse effectivement écrire officiellement à la famille du président Thomas Sankara pour dire qu’il consent à ce qu’on puisse envoyer des experts ouvrir la tombe et certifier que c’est la tombe du président Sankara. Du côté de la famille, nous avons déjà les tests ADN, donc il s’agit purement et simplement de mettre en œuvre ce qui a été promis », réclame Me Sankara.

Pour Smockey, il n’y a plus d’obstacles à la manifestation de la vérité. « La chute du président Compaoré est une fenêtre d’opportunité qui s’offre à nous pour faire enfin aboutir le dossier et mettre fin à l’impunité », a-t-il affirmé.

Des balais pour trouver les coupables

La fin de la cérémonie a été marquée par des poses de balais sur la tombe de Thomas Sankara et celles de ses 12 camarades. Pourquoi des balais à la place des fleurs ? Voici la signification qu’en a donnée Sams’K Le Jah.

« Pour certaines régions du Burkina, lorsque quelqu’un meurt et qu’on ne connaît pas les auteurs de sa mort, on accompagne le défunt avec un balai lui disant de nous aider à retrouver les tueurs, les assassins ».

Extraits d’un article de Mahmoud ABDELRASSOUL(Stagiaire) publié sur le site burkina24.com (voir à http://burkina24.com/2014/12/21/65-ans-de-thomas-sankara-le-gouvernement-prie-de-tenir-parole/)

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Une reportage de la RTB (radio télévision du Burkina). Impensable les années précédentes, cette fois la RTB a envoyé une équipe pour couvrir la cérémonie au cimetière.



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Anniversaire de Thomas Sankara : Le Balai citoyen rend hommage au « cibal en chef »

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Un concert pour marquer l’anniversaire

Pour également marquer cette journée d’anniversaire, cette fois-ci en chansons, un concert a été organisé par l’artiste Sams’K Le Jah. Bien avant le début du concert, l’occasion a été donnée à des « Sankara » de reprendre le discours sur la dette de celui à qui ils disent s’identifier. Mahamadi, un étudiant en 7e année de médecine a, lui aussi, tenu à partager avec le public, une partie du discours de son idole à l’ONU. Discours de plus de 45 minutes qu’il affirme avoir appris ‘’par cœur’’.

Monté sur scène et habillé à l’instar de certains de ses musiciens en Faso Danfani, c’est une sélection d’une douzaine de chansons que l’artiste en concert du jour, a jouée. Circonstances obligent, le refrain « ce président-là, il faut qu’il parte et il partira » d’une de ses chansons souvent jouée lors des marches-meetings, a été modifié pour l’occasion en un « on a gagné, on a gagné ». L’ambiance était donc celle de fête qui a fait danser le public sorti nombreux pour l’occasion au Palais de la jeunesse et de la culture, Jean Pierre Guingané.

Si la lutte a payé, l’artiste et leader du Balai citoyen a tenu cependant à adresser un message aux nouvelles autorités de la transition à travers un morceau spécial qu’il a composé. « Nos frères, nos sœurs sont morts, et c’est par le sacrifice de leur vie que vous êtes là aujourd’hui au pouvoir. Alors au nom du sang versé, au nom de l’avenir de la jeunesse, nous vous prions de ne pas nous trahir ».

Dans la même chanson, il a également rendu hommage aux morts de l‘insurrection populaire ; « je sais que vous n’êtes pas morts, vous avez inscrit vos noms, et l’histoire de ce pays les retiendra ».

A la dernière chanson du concert, Valentin et Blandine, frère et sœur de Thomas Sankara, ont été invités à monter sur scène pour chanter « joyeux anniversaire » à celui qui était à l’honneur. Un « joyeux anniversaire » qui a été entonné en chœur par le public debout, portables allumés.

« Nous voyons que la jeunesse est débout. Cela nous conforte. Les nouvelles autorités ont annoncé des choses, la famille attend de voir ce qui va se passer », dira Valentin Sankara à la sortie de la dernière activité en hommage à leur frère.

Extraits d’une article d’Amélie GUE publié sur lefaso.net voir à http://www.lefaso.net/spip.php?article62434

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