Après le maire de Ouagadougou, Simon Compaoré, le député Me Bénéwendé Stanislas Sankara est le deuxième invité du Tchat en live initié par L’Observateur Paalga. Ainsi, mardi 3 mars 2009, de 9H à 12H30, Me Sankara s’est prêté aux questions des lecteurs et internautes de notre journal. Difficile d’épuiser en moins de quatre heures les quelque trois cents questions que nous avons enregistrées. Même en regroupant les questions qui se recoupaient, c’est seulement à une quarantaine d’entre elles, à cause du manque de temps, que notre invité a répondu. C’est pour cela que nous sollicitons l’indulgence de tous ceux dont les préoccupations n’ont pu être prises en compte lors de ce tchat. Arrivé à 8h40 dans nos locaux en compagnie de Massa Sirima, chargé des Questions politiques et d’Athanase Boudo, chargé des Questions financières, Me Sankara a eu un bref entretien avec notre directeur de publication, Edouard Ouédraogo, avant de rejoindre la salle de rédaction pour son rendez-vous virtuel avec les internautes. Nous reprenons ici l’intégralité de cette e-interview.

Par Zoo : Qu’est-ce que le sankarisme, Maître ?

Par Amelde : Est-il envisageable pour vous de nous défaire de la dictature des organismes internationaux comme la banque mondiale et le FMI ? Quelle alternative propose l’UNIR/PS aujourd’hui ? Le sankarisme n’est pas une doctrine. Où situez-vous votre ligne politique ? Pseudo-libéraliste, social-démocratie, communiste, progressiste ou comme Bado vous pensez qu’il faut des voies propres pour nous africains ? Que pensez-vous du tercérisme ?

par Yamyélé : Maître, merci de vous prêter à nos questions. J’ai deux questions : quel est le fondement réel du sankarisme ? Est-ce par imitation ou analogie avec certains courants tels que le Kim Ilsunisme, etc. ? Est-ce pour perpétuer les idées de Thomas Sankara ? Si oui, avez-vous prospecté d’autres alternatives pour perpétuer ces idées en dehors de ce que vous nommez sankarisme ? Maître, je vous demande juste si cela aurait vraiment plu à Sankara ou fait sa fierté s’il était au courant de l’émiettement continu des partis qui se réclament de son idéologie ou de sa pensée ? Merci à vous, Maître.

Maitre Benwendé Sankara : C’est une question pertinente qui se pose à nous-mêmes sankaristes, elle est d’actualité. Depuis la naissance de l’UNIR/MS en 2000, elle a fait l’objet de réflexion au sein du parti, et le symposium international sur la pensée de Thomas Sankara, tenu en 2007 à Ouagadougou, a développé le concept. Le sankarisme, tout comme le bolivarisme, s’inspire de l’exemple d’un homme politique. Au Vénézuela, Hugo Chavez (bolivariste) est au pouvoir et il est plus facile pour lui d’appliquer un programme tiré de la révolution bolivarienne. Au Burkina, les sankaristes sont dans l’opposition et veulent s’inspirer de la vision que Thomas Sankara avait eue par rapport au développement, au progrès de son pays. Le sankarisme, c’est un dépassement de l’image, on n’est pas sankariste parce on aime la personne de Thomas Sankara qui a son humour, son charisme, etc. Il faut en dégager un corpus et l’adapter au contexte de mondialisation.

Le sankarisme se caractérise par :
– l’adaptation de l’idéal de Thomas Sankara aux réalités burkinabè ;
– la responsabilisation du peuple à prendre en main son destin. Dans son discours du 4 août 87, il a posé les fondamentaux du sankarisme. Par exemple :
– comment organiser la paysannerie ;
– produire et consommer Burkinabè ;
– le concept de la démocratie, etc.

En partant de ce discours, on ressort tous les éléments à partir desquels l’UNIR/MS a mis en place le Programme alternatif sankariste. Il s’agit de mettre en place une idéologie propre à nous, mais qui s’inspire des idéaux de Thomas Sankara. Nous pensons que tous ces éléments doivent être reversés dans le nouveau parti UNIR /PS, qui est en gestation, afin d’apporter une solution aux préoccupations de notre peuple.

Par Elphata : Bonjour, Maître, et merci de vous prêter à nos questions. D’abord j’aimerais comprendre la coïncidence entre votre nom de famille, votre option politique et feu Thomas Sankara.

Par mogomamogowélé : Bonjour, Maître, est-ce que vous et Thomas Sankara vous connaissiez comme Norbert Tiendrébéogo ou Nongma ?

Par Zion : Bonjour Maître, avez-vous connu Thomas Sankara ?

Par Will : Vous êtes sankariste, vous porter le nom Sankara ; est-ce que le sankarisme est une idéologie avec un projet de société œuvrant au bien-être de tous ou une affaire de famille ? Nous sommes dans un monde en pleine mutation, où l’inconnu persiste par rapport au devenir de nos pays. Maître, n’est-ce pas le moment de nous donner des idées pour préserver nos acquis et surtout d’oublier un peu nos rancœurs ? Une main tendue n’est-elle pas signe d’espoir, Maître ? A vous de juger.

Maitre Benwendé Sankara : D’abord, c’est une pure coïncidence que je porte le même nom patronymique que le président Thomas Sankara. Ce n’est donc pas une affaire de famille. Je serais plus à l’aise si mon nom était Zoungrana ou Ouédraogo, car les confusions sont vite faites, mais retenez qu’à l’UNIR/MS, nous avons des militants qui sont des Compaoré. C’est pour dire que les questions de convictions ne sont pas d’ordre familial. Je n’ai pas connu Thomas Sankara comme je connais Norbert Tiendrébéogo ou Nongma Ernest Ouédraogo. J’ai connu Thomas Sankara dans ma conviction militante. A l’époque, j’étais étudiant.

par Nabakango : Bonjour, Maître Sankara. Je retiens de la période du pouvoir Sankara, votre mentor, la violence érigée en moyen politique : c’est lui, le précurseur des meurtres dans notre pays pour prendre le pouvoir et le garder et qui nous a entraîné avec ses propos belliqueux dans un conflit armé avec un voisin.

L’opacité dans la gestion du pouvoir (le CNR était une structure clandestine dont la cooptation des membres relevait du secret) ainsi que des biens publics (aucun contrôle), malgré le discours populiste, l’intolérance absolue résultant du postulat « si vous n’êtes pas avec nous, c’est que vous êtes contre nous » nous ont conduit à la pensée unique, à la naïveté infantile pensant qu’avec le fusil on pouvait être un messie et mettre tous le peuple à genoux devant ses désiderata Finalement, Sankara et le sankarisme, n’est-ce pas une page noire de l’histoire du Faso qu’il faudra réécrire fidèlement au regard des exigences de paix de tolérance et de solidarité qui animent les peuples du monde ? Et cela m’amène à la question de la pertinence du Sankarisme comme credo pour accéder un jour au pouvoir : ne serait-il pas mieux de trouver d’autres slogan et référence pour votre parti ?

Maitre Benwendé Sankara : Nous parlons de sankarisme parce que, comme l’internaute le dit, notre mentor a été assassiné le 15 octobre 87 à cause de sa vision politique, qui dérangeait ceux qui se disaient grands dans la sous-région et particulièrement les intérêts impérialistes.

Parler de néosankarisme suppose que le sankarisme, en tant que doctrine politique, a existé sous le CNR. Pour moi, et comme je l’ai déjà dit, le sankarisme demeure un idéal qu’il faut construire. Le CNR a eu sa politique avec une majeure partie de sa composante dont Blaise Compaoré en tête, qui exerce le pouvoir d’Etat avec la situation de délitement de notre société qu’on connaît.

Notre réformisme, s’il faut appeler le travail de conceptualisation que nous faisons, s’inscrit en droite ligne dans comment réhabiliter notre société, donner un sens au Burkina Faso en tant que pays des hommes intègres, comment faire de la justice sociale une réalité, comment réduire les inégalités, comment créer les conditions d’un développement durable avec une répartition équitable des fruits de la croissance et comment rendre le Burkinabè digne et solidaire avec des arguments simples de persuasion et associer tout le peuple à son propre développement.

De mon point de vue, l’anathème jeté sur Thomas Sankara est injustifié, car ceux qui ont fait le 15-Octobre avec une douzaine d’assassinats, le 27 octobre à Koudougou avec le massacre qu’on connaît, ceux qui ont tué des professeurs d’université et des étudiants comme Clément Oumarou, Dabo Boukari et même des journalistes, comme Norbert Zongo, bref des élèves, etc., sont ceux-là qui ont terni l’image du CNR et qui, malheureusement, ont tenté de justifier le Front populaire.

Le président Thomas Sankara, bien sûr en tant que chef d’Etat, ne peut être totalement absout d’une responsabilité qui est celle du régime, mais l’histoire de notre pays nous indique aujourd’hui clairement quels sont les hommes sous le CNR qui ont prôné l’intolérance, la violence, la pensée unique, parce que ce sont les mêmes qui font le « tuuk-gilli » prôné par le pouvoir. C’est cette page toujours noire et triste que nous voulons tourner avec l’avènement de l’UNIR/PS.

Par SID : Maître, j’aimerais comprendre les raisons du remariage de l’UNIR/MS avec la CPS ; j’ai cru comprendre que, de par le passé, vous étiez ensemble et ça n’a pas marché. Cette fois, c’est le bon mariage ?

Par Lebon : Maître Sankara, croyez-vous à l’unité sankariste ? Si elle doit se faire, qui doit en être le chef de file selon vous ?

Par Décourcel : Tous les regroupements essayés par l’opposition ont échoué pour diverses raisons. Vous étiez en train d’opérer un autre regroupement. Ne pensez-vous pas que ce regroupement ressemblera aux autres ? Avez-vous des garanties que ce regroupement ne sera pas comme les autres ?

Par Zoundi : Pourquoi la coalition sankariste va porter le nom UNIR/PS ? N’est-ce pas une façon de maintenir l’UNIR/MS dans l’inconscient des électeurs ?

Par Yamyélé : Maître, juste pour vous demander si cela aurait vraiment plu à Sankara ou fait sa fierté s’il était au courant de l’émiettement continu des partis qui se réclament de son idéologie ou de sa pensée.

Par MOUMET : Pourquoi maintenant l’union tant souhaitée depuis belle lurette ?

Par LuckyRay : Pourquoi depuis fort longtemps les sankaristes n’arrivent pas à s’unir alors que vous vous réclamez de la même ligne idéologique ? Avez-vous vraiment espoir que l’unification en cours des partis sankaristes verra bien le jour et ne sera hypothéquée en peu de temps ?

Luciole : Bonjour, Maître, Vous avez traité l’UPS de panier à crabes. Pourquoi avez-vous accueilli certains de ces crabes dans votre parti ? Ne croyez-vous pas qu’il était raisonnable pour Bassière de poser sa démission du FFS pour sauver l’UPS au lieu d’engager un bras de fer avec Norbert pour finalement quitter à son tour l’UPS pour l’UNIR/PS ?

Maitre Benwendé Sankara : Oui, j’y crois. Depuis la naissance de l’UNIR/MS en 2000, ma philosophie a toujours été que l’unité se fait à la base et se réalise avec le peuple, qui a plutôt besoin d’être organisé. Le chef de file de l’unité sankariste, c’est le peuple burkinabè.

Avant les fusions qui sont annoncées pour les 21 et 22 mars prochains, nous avons fait l’expérience d’autres fusions. Je cite le cas du FDS (Front démocratique sankariste). Pour nous, les appellations n’ont véritablement d’intérêt que de permettre à nos militants de s’identifier. L’UNIR/PS est une dénomination qui sera proposée au congrès. Nous avons étudié les avantages et les inconvénients de cette appellation, et aujourd’hui, les missions d’explications que nous faisons sur l’ensemble du territoire consistent à avoir également les avis et les suggestions de nos structures.

Toutefois, j’insiste sur l’esprit de l’unité que nous voulons créer, qui ne sera jamais une univocité, car adhère au processus qui veut. Vous comprenez qu’il n’y a donc pas, dans notre esprit, d’émiettement. Il n’y a qu’un seul idéal sankariste à consolider avec une organisation politique bien structurée, mieux implantée, dynamique qui a un programme, une vision, un projet de société à défendre.

Ceux qui ne sont pas dans cette dynamique ont certainement leur raison, il vaut mieux leur poser la question. Maintenant, dois-je informer l’internaute que l’UPS n’a jamais pris langue avec l’UNIR/MS ? En revanche, nous n’avons pas de rançon à payer ou de deal à faire. Nous avons un combat à mener, et ce combat, c’est le duel que nous devons désormais engager pour une alternative sankariste.

Donc, notre regroupement ne ressemble pas aux précédents, qui ont échoué. Mais nous intégrons les échecs et les expériences qui permettent aujourd’hui de se retrouver autour d’une unité fondée sur les intérêts du peuple et non sur les intérêts de quelqu’un.

La crédibilité et la sincérité des acteurs se mesureront en fonction de la confiance que les militants porteront sur eux. Il ne m’appartient pas de juger Nongma Ernest Ouédraogo, Nestor Bassière ou tout autre responsable ou militant.

C’est le peuple qui jugera chacun comme le maçon au pied du mur. Personne d’autre que les sankaristes eux-mêmes n’œuvre à leur division, car s’ils étaient conscients de leur rôle historique, ils ne prêteraient point le flanc à ceux qui ont intérêt à leur division.

Le principal intéressé est bien le pouvoir en place ; il n’en est certainement pas le principal auteur, si non que sa culpabilité réside dans le système qu’il a créé pour l’ensemble des Burkinabè, confrontés désormais sans dignité au clientélisme, à la corruption, à l’impunité, à la pauvreté et à tous les maux qui aliènent l’homme. Faut-il alors en conclure que le peuple burkinabè, qui aspire à sa dignité et à son intégrité, est obligé de se désagréger à cause du pouvoir, qui le manipule pour s’y pérenniser ?

J’ai affirmé que l’UNIR/MS n’est pas pour une unité gâchis. J’ai aussi dit que l’UPS était un panier à crabes. Le constat aujourd’hui me donne raison. A l’UNIR/PS, nous n’aurons jamais le malheur de nous associer à des crabes. La preuve, certaines personnes signent toujours UPS. Je ne veux pas faire d’insinuation, mais qui se ressemblent s’assemblent.

Par Zoundi : Mariam Sankara vous aurait donné de l’argent. Pourquoi l’avoir positionné sur votre propre compte au lieu du compte du parti ? Monsieur Zoundi est poursuivable du délit de diffamation. Fort heureusement, Mariam Sankara est toujours vivante.

Par Tinkougri : Maître Sankara, avez-vous encore quelque chose de sérieux à dire dans ce pays ? Tout le monde dit que votre parti a été financé discrètement par le pouvoir par l’intermédiaire de Salif Diallo. Vrai ou faux ? Pouvez-vous nous dire quels étaient vos rapports exacts avec Salif Diallo et si, oui ou non, il ne vous a pas aidé ? De même, dites-nous si, oui ou non, vous n’avez pas demandé le soutien financier d’Inoussa Kanazoé lors de la présidentielle de 2005.

Par VP : Maître, pouvez-vous nous dire vos sources de financement ?

Par Le Sapeur : Bonjour, Me, et merci de répondre à nos questions. S’il vous plaît, Me, pensez-vous être prêt à gérer ce pays au cas ou vous deviendrez président ? Est-ce que vous avez des financements de l’extérieur, et dites-moi, dans quel but financez-vous l’ANEB ? Est-ce vrai ?

Par Lacurieuse : Bonjour Me, merci de vous prêter à nos questions. J’aurais appris que c’est votre parti qui finance l’ANEB. Si oui, dans quel intérêt le faites-vous ? Merci.

Par Fasobiiga : Maître, en dehors des cotisations des membres du parti qui, nous en sommes sûrs, sont quasiment insignifiantes pour battre campagne, quelles sont les principales sources internes et externes de financement de votre parti ?

Par colombe : Pour battre Blaise aux élections, il faut un opposant charismatique comme Mariam Sankara à qui le peuple voue une dévotion particulière et politiquement forte. Un homme de confiance qui redonnera aux Burkinabè l’espoir et la conviction dans leur quête de bien-être social économique et politique. Accepteriez-vous que Mariam Sankara, l’épouse du regretté Sankara, se présente comme candidate à la prochaine élection présidentielle sans les couleurs de votre parti ?

Maitre Benwendé Sankara : Je souhaite du fond du cœur pouvoir financer l’ANEB. Tout comme toute association ou organisation démocratique qui lutte pour l’épanouissement et le bien-être du Burkinabè. Pour l’heure, c’est fort malheureux pour moi, je n’en ai pas les moyens.

L’intérêt de soutenir le peuple en lutte est manifeste pour moi et c’est le sens de ma vie. Mes sources de financement, c’est l’Etat, à travers le financement fait aux partis politiques, et les cotisations des militants, s’ils cotisent, étant entendu que la plupart de nos militants sont en dessous du seuil de pauvreté. Il faut noter que cette année, l’UNIR/MS n’a pas reçu un seul centime de l’Etat, le financement ayant été accordé seulement au CDP (plus de 420 000 000 FCFA) et à l’ADF/RDA (77 000 000 FCFA).

De toutes façons, nous avons à l’UNIR/MS une gestion claire et transparente, faisant l’objet de bilan semestriel. A la présidentielle de 2005, le parti a créé une commission finance, présidée par Monsieur Ouédraogo Joseph. Je pense qu’il est le mieux placé pour en faire le point. Financement occulte, connais pas. Ni le pouvoir, ni quelqu’un d’autre n’a jamais financièrement soutenu le parti ou moi-même. Seule notre détermination nous amène à nous engager à fond avec tous les sacrifices que nous consentons pour une alternance démocratique sankariste.

Je ne connais pas Inoussa Kanazoé ni de loin ni de près. S’il peut m’aider, je lui serai très reconnaissant. Lui, d’autres Kanazoé et toute bonne volonté. Nous avons sérieusement besoin d’appui pour défendre nos convictions. Quant à Salif Diallo, j’ai eu des rapports très occasionnels avec lui quand il venait à l’Assemblée nationale en temps que ministre. Aujourd’hui, il est ambassadeur en Autriche, s’il peut être utile au combat que nous menons, nous lui tendons la main.

Emeraude : Allez-vous démissionner comme en 2005 pour préparer la présidentielle ? Quand ?

Maitre Benwendé Sankara : Pour ma démission de l’Assemblée nationale, c’est une question d’opportunité. Le parti appréciera en en mesurant les inconvénients et les avantages.

Hermann Accepteriez-vous de participer à un gouvernement d’ouverture si vous étiez contacté à ce sujet par le président actuel ?

Maitre Benwendé Sankara : Désormais, il y a une clarification du paysage politique avec la Coordination des partis de l’opposition (CPO), si en tout cas la loi venait à être votée. Le statut de l’opposition sera plus clair, et dans cette nouvelle loi, un parti politique de l’opposition, à moins de démissionner de ce cadre, ne peut participer au gouvernement sauf à un gouvernement d’union nationale. Selon la nouvelle loi, dont on a parlé plus haut, ça doit être l’UNIR/PS.

DEZ : Bonjour Me, sur votre instruction, la famille Dabiré au secteur 30 est dans la rue et ne sait à quel saint se vouer. En tant qu’homme de justice, pouvez-vous nous donner d’amples explications et, si possible, voir dans quelle mesure la famille peut intégrer son domicile ?

Maitre Benwendé Sankara : Je suis même surpris que la famille Dabré soit encore sur ces lieux. Avec cette information, je saisis le Parquet pour qu’elle libère les lieux, qu’elle occupe illégalement sans droit et sans titre. Le terrain appartient à Ada Maïga, qui est mon client et que j’ai défendu avec compétence et dévouement.

Moumet : Continuez-vous(les députés) à percevoir les 3 millions pour les fêtes de fin d’année à l’Assemblée ?

Maitre Benwendé Sankara : Il ne faut pas diaboliser les députés. Les députés, à ma connaissance, ne perçoivent pas d’émoluments pour les fêtes de fin d’année. Cette image est choquante pour nos populations, confrontées à la pauvreté.

N’oublions pas qu’au Burkina, le CDP a dévoyé le rôle et la fonction du député. Le député est devenu l’Action sociale. Même des services publics envoient des lettres de sollicitations aux députés. A ce rythme, ce n’est pas avec 3 millions de FCFA qu’un député peut faire face à la pression sociale de son électorat.

C’est dans ce sens que l’opposition avait trouvé ridicule qu’une rubrique budgétaire de 3 millions soit allouée aux députés. Aujourd’hui, l’institution parlementaire apporte des appuis aux groupes parlementaires pour mener leurs activités.

Par BKG : N’avez-vous pas profité du dossier Sankara et de la mort de Norbert Zongo pour créer votre parti ? Si tel est le cas, n’est-il pas ignoble de profiter de la tristesse de ces familles attristées à des fins politiques ?

Maitre Benwendé Sankara : L’UNIR/MS est née à partir de la CPS en 2000. Je ne vois pas le lien entre des affaires judiciaires, qui d’ailleurs ne sont pas élucidées devant les juridictions, avec la création d’un parti politique. Néanmoins, le combat politique que je mène pour Norbert Zongo, Thomas Sankara et toutes les autres victimes est un combat qui vaut la peine d’être mené. Le Burkina Faso compte plus d’une centaine d’avocats, et je souhaite qu’ils s’impliquent également dans la lutte contre l’impunité.

Par MOUMET : Parlez un peu de l’affaire qui vous divise avec Faso Fani.

Par Le nouveau venu : Pouvez-vous nous dire à quel stade se trouve le dossier des travailleurs de l’ex-X9 ?

Par Emeraude : Dans l’affaire des 33, étiez-vous au courant que les travailleurs ont utilisé les sous de leur collègue comme une sorte de caisse sociale ? On aurait entendu que c’est même avec votre complicité !Pourquoi avez-vous émis les chèques des autres et refusé d’en faire autant pour les 33 ? Etiez-vous garant oui ou non de ce que l’argent arrive entre les mains de ses véritables bénéficiaires ?

Maitre Benwendé Sankara : Rien ne m’oppose aux travailleurs de Faso Fani. Mon cabinet a été constitué par le collège des délégués, et nos actions conjointes ont permis de recouvrer sur l’Etat burkinabè presque 3 milliards de FCFA. Le dossier est toujours en traitement dans mon cabinet.

Quant au dossier dit des trente-trois (33) ex-travailleurs de X9, seul maître Somda Fayiri, qui est leur avocat, peut répondre. Tout excès nuit. Je pense que je ne suis pas un ange ; je suis un homme avec ma passion, mes faiblesses, mes convictions et ma détermination. Je ne veux répondre qu’à ma conscience. Aux autres de me juger.

Par Fernando LéChé : Me Sankara, le chef de file de l’opposition burkinabè, est-ce L’UNIR/PS OU L’ADF/RDA ??? Situez-nous, Maître, pour qu’un vent nouveau souffle sur mon pays.

Le nouveau venu : Quel commentaire faites-vous de ce qui vient de se passer en GUINEE-BISSAU ?

Maitre Benwendé Sankara : Je déplore franche ment ce qui se passe en Guinée-Bissau, tout comme à Madagascar, au Zimbabwe ou ailleurs. Mais ne dit-on pas que les mêmes causes produisent partout les mêmes effets ? Je crois qu’il est de notre responsabilité à tous et en particulier de celle des intellectuels d’amener les peuples à choisir librement leurs dirigeants.

C’est la seule façon de nous épargner les psychodrames que nous servent les assoiffés du pouvoir. C’est pourquoi il faut avoir foi à la démocratie, en ce qu’elle renferme des valeurs qu’il faut libérer pour nos peuples. L’UNIR/PS est résolument engagée dans cette bataille.

Maintenant, saisissant cette occasion, je voudrais féliciter les internautes pour leur participation massive à ce débat en direct. J’ai été franchement ému par la qualité des questions et préoccupations posées. J’encourage donc l’Observateur Paalga à continuer et à mieux développer ce système de communication en live. C’est notre démocratie qui en bénéficie, et c’est notre peuple qui en tire meilleure partie.

Source : http://www.lobservateur.bf/

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