Vous trouverez ci-dessous trois déclarations de Céline Bamouni, la fille de Paulin Bamouni, collaborateur de Thomas Sankara, notamment comme responsable de la presse présidentielle. Elle y dénonce le traitement que sa famille a subi et rappelle l’enchainement des évènements qui ont précédé les inhumations.

Dans la première déclaration, elle déclare que si sa demande de fournir elle-même le cercueil de son père n’est pas satisfaite, elle ne se rendra pas à la cérémonie des inhumations. Elle y dénonce les agissements des  “opportunistes aux agendas cachés et patriotes de la 25e heure“.

Dans la deuxième déclaration, elle déclare avoir reçu une réponse favorable à sa requête mais que “nos convictions personnelles, nous ayants droit biologiques de Feu Camarade BAMOUNI Babou Paulin, ne nous permettent pas de prendre part à cette cérémonie de réinhumation initiée de bout en bout par ses organisateurs“.

Dans la troisième déclaration, elle informe finalement, que malgré de nombreuses démarches, sa demande n’a pas été satisfaite. Elle s’y insurge contre les “Ces propos, pour nous, sont déplacés, insultants et choquants pour la mémoire de l’homme intègre que notre père agent civil de l’état a été, lui qui a péri pour son pays et pour ses idées“.

La rédaction du site


 

Le deuxième assassinat ! 35 ans après

Si les choses restent en l’état nous, les ayants droit de Feu BAMOUNI Babou Paulin, Journaliste, Agent civil de la fonction publique Burkinabè, relevant du ministère de l’information au moment de son assassinat avec le Capitaine Président Thomas SANKARA et 11 autres compagnons, ne participeront pas à la réinhumation de ses restes mortels.

Pour la simple raison que le droit d’accompagner dignement notre cher père nous est refusé.

A la suite des exhumations en juin 2015 pour les besoins de l’enquête, nous avons manifesté auprès de la Justice Militaire notre souhait (certes verbal) de pouvoir fournir, au moment opportun, un cercueil de notre choix pour les restes de notre père. Sachant qu’il était un agent civil de l’État nous supposions que ça ne devrait pas poser de problème.

En effet un accord de principe (une fois de plus verbal) nous a été donné par l’autorité.

7 ans plus tard, soit en Juillet 2022, lorsque les pompes funèbres militaires ont informé toutes les familles des martyrs que les ré-inhumations devaient se faire assez rapidement, nous avons jugé utile de réitérer notre requête, par écrit cette fois-ci, datée du 8 septembre 2022 en précisant toujours que nous souhaitons ré-inhumer les restes de notre père dans un cercueil fourni par nos soins.

A notre grand étonnement cette lettre n’aura jamais de réponse, malgré nos relances.

Le 23 janvier 2022 nous adressons à nouveau une correspondance à la Justice Militaire, pour, cette fois-ci, lui réclamer les restes de notre père agent civil de l’État, afin que nous puissions procéder, nous-mêmes, à son inhumation au lieu de notre choix.

Après relances, nous recevons, le 15 février 2023, une réponse du Directeur de la Justice Militaire, datée du 13 février 2023 qui dit ne pouvoir donner une suite favorable à notre requête car « lesdits ne sont pas sous sa gestion ». Sans rien de plus ! Et ce dernier omet de nous préciser à qui nous adresser pour obtenir les restes mortels de notre père.

Le 17 février 2023 nous apprenons par un communiqué officiel la date des réinhumations de tous les restes mortels et la confirmation du lieu d’inhumation préalablement contesté.

Nous adressons donc dès le lendemain de l’annonce une énième requête à l’Officier de Garnison responsable des pompes funèbres militaires, datée du 18 février 2023 pour qu’à défaut de pouvoir récupérer les restes mortels, nous soyons, tout au moins, autorisés à apporter le cercueil que nous avons choisi pour notre père pour les réinhumations du 23 février 2023. A ce jour toujours pas de réaction de sa part.

Pour rappel BAMOUNI Babou Paulin, Journaliste, Agent civil de la fonction publique, abattu lâchement pour son pays, a été enseveli le 15 octobre 1987 avec 12 autres compagnons de lutte sans la moindre dignité.

L’histoire nous donne l’opportunité à nous ses enfants de pouvoir effectuer cette démarche si personnelle et symbolique, lourde de sens pour nous qui l’avons perdu à l’âge de 13, 11 et 2 ans et qui n’avons jamais eu l’occasion de lui offrir un quelconque présent. C’est malheureux que ce soit un cercueil, mais ainsi Dieu en a décidé.

Aujourd’hui adultes et responsables, notre seul souhait, qui est des plus légitimes dans notre entendement d’enfants désireux de contribuer aux obsèques de notre cher père nous est ôté sans autre forme de procès le droit de l’accompagner avec tous les honneurs dignes de son rang de papa, Non, le brave Agent Civil et adorable père qu’a été BAMOUNI Babou Paulin ne mérite pas ce sort post-mortem !

Son épouse, ses enfants, ses parents et ses frères et sœurs, ont été privés de ce rôle car cette nuit du 15 octobre 1987 il a été enseveli par d’autres dans la précipitation et sans cercueil.

35 ans après, l’histoire a l’air de se répéter ! Il est assassiné une seconde fois sous nos yeux et il sera inhumé « à la militaire » comme cela nous a été dit et sur les lieux où il a perdu la vie.

Cette vie qui lui a été arrachée par des militaires !

Il sera enseveli encore, sans qu’aucun rite coutumier relevant de son ethnie ne soit fait afin que ses ancêtres également l’accompagnent dans son repos éternel !

En clair il nous est interdit de faire le deuil de notre papa !

Certains ont eu l’audace de nous dire que nous n’avons aucun droit en tant que famille biologique, car les restes de tous les martyrs du 15 octobre 2015 appartiennent à la famille politique seule légitime à décider. Aucune empathie à notre égard ! Aucune compassion ! Bien au contraire, nous ne faisons qu’essuyer de la part d’opportunistes aux agendas cachés et patriotes de la 25e heure, des critiques qui frisent parfois un « inhumanisme » intolérable.

Notre père était agent civil de l’État et l’organisation des ses obsèques incombent à sa famille n’en déplaise à la Justice Militaire et à la fameuse famille politique. C’est notre droit de vouloir l’accompagner dignement.

Si notre doléance de près de 8 ans n’est pas accordée nous n’assisterons pas à la réinhumation.

Pour les Ayants Droits Biologiques de Feu Camarade Babou Paulin BAMOUNI, Journaliste, Agent Civil de l’Etat Burkinabè.

Céline BAMOUNI

Paix à ton âme, Papa.

Ouagadougou le 21 février 2023

Source : https://www.wakatsera.com/reinhumation-des-martyrs-du-15-octobre-le-deuxieme-assassinat-35-ans-apres/


Réinhumation Paulin Bamouni: ses ayants-droit biologiques «ne prendront pas part» à la cérémonie

Les ayants-droit biologiques de feu Babou Paulin Bamouni, journaliste, cadre de la révolution d’août 1983, tué le 15 octobre 1987, «ne prendront pas part» à la cérémonie de réinhumation de l’ex-président de la révolution burkinabè, le capitaine Thomas Sankara et ses 12 compagnons d’infortunes, selon une note transmise à Wakat séra ce mercredi 22 février 2023. Ils ont évoqué des «convictions personnelles».

Position des Ayants droit biologique de Feu BAMOUNI Babou Paulin

Suite à ma déclaration au nom des Ayants Droit de Feu Camarade BAMOUNI Babou Paulin du 21/02/2023 relayée par la presse nationale, une délégation du Comité International Mémorial Thomas SANKARA est venue me rencontrer le jour même pour m’annoncer qu’ils avaient pris attache avec l’Officier de Garnison de la place d’Armes de Ouagadougou afin que nous ayons une réponse favorable à notre dernier courrier du 18 février 2023.

Pour rappel il s’agissait pour nous ses ayants droit, de pouvoir fournir un cercueil a notre défunt père, agent civil de l’Etat Burkinabè, dont les restes mortels ainsi que ceux du Président Thomas SANKARA et ses 12 compagnons doivent être réinhumés.

Après la visite du Comité International Mémorial Thomas SANKARA nous avons accusé réception, ce matin du 22 février 2023, d’une réponse favorable à notre requête de la part de l’officier de garnison et nous allons procéder à la livraison du cercueil au lieu indiqué.

Nous constatons que n’eût été notre cri du cœur face à ce mépris insoutenable notre requête n’aurait pas été prise en compte ! Et cela nous laisse, évidemment, un goût amer.

Cependant, nos convictions personnelles, nous ayants droit biologiques de Feu Camarade BAMOUNI Babou Paulin, ne nous permettent pas de prendre part à cette cérémonie de réinhumation initiée de bout en bout par ses organisateurs.

Si ces réinhumations doivent contribuer aux intérêts de la nation alors nous souhaitons aux organisateurs une belle cérémonie.

Ouagadougou, le 22 février 2023

Pour les Ayants Droits Biologiques de Feu Camarade Babou Paulin BAMOUNI, Journaliste, Agent Civil de l’Etat Burkinabè.

Céline BAMOUNI

Source : https://www.wakatsera.com/reinhumation-paulin-bamouni-ses-ayants-droit-biologiques-ne-prendront-pas-part-a-la-ceremonie/


Réinhumation de Thomas Sankara et 12 compagnons: un cercueil sans corps!

«A cheval sur les valeurs de la politesse et du bon sens, nous les Ayants droit de Feu BAMOUNI Babou Paulin, remercions toutes les personnes qui ont œuvré pour que notre doléance, de voir les restes de notre père dans un cercueil de notre choix, ait pu aboutir.

Mais, nous sommes au regret de vous informer que notre démarche n’a pas été exécutée jusqu’au bout, car nous avons été confrontés à une mise en scène orchestrée de toutes pièces par les organisateurs. Les faits!

Le cercueil fourni par les ayants droit de Paulin Babou Bamouni et qui n’a pu être utilisé

Le cercueil fourni par les ayants droit de Paulin Babou Bamouni et qui n’a pu être utiliséSuite à la livraison du cercueil, par nos soins, le 22 février 2023 dans l’après-midi au lieu indiqué, j’ai été contactée dans la nuit, soit quelques heures avant la cérémonie officielle de la fameuse réinhumation au Conseil de l’Entente, par l’Officier de Garnison qui m’a informé que le cercueil n’allait pouvoir être utilisé et que celui-ci pouvait être récupéré.

Motif avancé: dimensions du cercueil non conformes aux tombes préfabriquées du Conseil de l’entente. Ces tombes seraient de 1m80 de long sur 0.60 cm de large, en clair, des dimensions qui ne correspondent même pas à celles de cercueils standards.

Ce qui est étonnant c’est que lors de la visite de la délégation du Comité international du mémorial Thomas Sankara suite à notre déclaration dans la presse de notre pays, l’un des membres dudit comité, m’a communiqué, à propos des tombes creusées au Conseil de l’Entente, des dimensions de 2m de long sur 1m de large qui se rapprochent davantage des dimensions standards, ce qui aurait permis au cercueil de notre père d’être utilisé.

Par conséquent si les dimensions annoncées et qui justifieraient le rejet de notre cercueil sont bien celles des tombes préfabriquées, cela voudrait dire que l’histoire s’est bel et bien répétée, comme en cette nuit du 15 octobre 1987, où les corps du Président Thomas Sankara et de ses 12 compagnons, dont notre père, ont été enfouis en terre dans la précipitation au cimetière de Dagnoën.

Le sort réservé à ces Martyrs est toujours le même!  Qu’est-ce qui pourrait bien justifier cette organisation hâtive qui n’aura permis de réaliser que des trous à rats qui ont fait office de tombes à ces camarades de lutte? Des casiers préfabriqués de moins de 2m!

Certes, il s’agit de restes mortels mais nos Martyrs méritaient d’avoir pour la première fois, à l’occasion de leur réinhumation, des vraies tombes et des vrais cercueils! Malheureusement, la bêtise humaine s’acharne encore contre eux! 35 ans après!

Ou bien, est-ce une rétractation qui serait plutôt due au fait que nous les ayants droit avons annoncé, après livraison dudit cercueil, notre non-participation aux inhumations, et cela suite aux désagréments subis?  Était-ce la sanction inique trouvée par les organisateurs, contraints de nous avoir permis de fournir le cercueil?  Pourquoi avoir attendu la nuit, soit juste à quelques heures de la cérémonie pour m’informer, me laissant ainsi le dos au mur ? C’est vraiment mesquin et ignoble!

Durant les différents échanges concernant cette requête visiblement encombrante pour mes interlocuteurs, l’un des acteurs du dossier brulant des «restes» m’a plutôt vue, en tant que promotrice d’une société de pompes funèbres que je suis, comme une commerçante sans vergogne et non comme une victime et m’a proposé de leur vendre des cercueils pour ces mêmes Martyrs en échange du droit de fournir celui de notre père! Une proposition indécente que j’ai catégoriquement rejetée et à la place de laquelle j’ai plutôt proposé d’offrir des cercueils à tous nos Martyrs. Sans tapage aucun.

Nous ayants droit sommes enfin offusqués du fait qu’une certaine autorité suite à notre requête de récupérer les restes mortels de notre père, à oser déclarer que les inhumations du 23 février 2023 au Conseil de l’entente étaient intangibles et que l’inhumation des civils auprès des militaires permettrait à ces civils de pas rentrer dans l’oubli.

Ces propos, pour nous, sont déplacés, insultants et choquants pour la mémoire de l’homme intègre que notre père agent civil de l’état a été, lui qui a péri pour son pays et pour ses idées.

Tant que ses ayants droit, sa descendance et des Burkinabè patriotes vivront, Paulin Babou BAMOUNI ne rentrera jamais dans l’oubli!

Paix à l’âme de tous nos Martyrs!»

Pour les Ayants droit de Feu BAMOUNI Babou Paulin

Céline BAMOUNI

Ouagadougou, le 26 février 2023

Source : https://www.wakatsera.com/reinhumation-de-thomas-sankara-et-12-compagnons-un-cercueil-sans-corps/

 

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