• Bande dessinée
  • Editeur : VRP Edition (décembre 2018), 30 pages.
  • ISBN-10 : 295557273X
  • ISBN-13 : 978-2-9555727-2-6

Présentation de l’ouvrage (4ème de couverture)

Burkina Faso, 13 décembre 1998.

Sur une route de brousse, une voiture achève de se consumer. A l’intérieur, des villageois découvrent trois corps calcinés. Un quatrième cadavre gît à terre sur le coté. Le véhicule appartient au journaliste Norbert Zongo, directeur de l’hebdomadaire “l’indépendant”. Depuis des mois, ce dernier alertait l’opinion des menaces de mort qu’il recevait.

Les médias officiels parlent d’un accident de la route. Mais le peuple Burkinabé ne croit pas à cette version. Les étudiants sortent dans la rue puis toute la population se révolte contre ce crime odieux. Face à cette crise, le gouvernement accepte la mise en place d’une Commission d’Enquête Indépendante. Celle-ci va aboutir à la conclusion que Norbert Zongo a été assassiné par des éléments de la garde présidentielle. Les trois autres passagers ont été liquidés pour ne pas laisser de témoins. Le mobile de ce crime apparaît clairement d’après les investigations: Norbert Zongo allait trop loin dans sa dénonciation des abus et des crimes du pouvoir en place. Malgré les pressions, il refusait notamment de cesser ses investigations sur la mort de David Ouédraogo, le chauffeur du frère du président Blaise Compaoré.

20 ans plus tard, les Burkinabé réclament toujours justice pour Norbert Zongo. Biaise Compaoré a été chassé du pouvoir et s’est exilé en Côte d’ivoire. Son frère François, lui, vit en exil en France. Le Burkina Faso demande son extradition pour pouvoir le juger dans cette tragique affaire.

A travers quelques formules engagées, tranchantes mais souvent drôles, ce petit livre rend hommage à ce grand journaliste.

Biographie de l’auteur

Viané est un artiste français né en 1977. De son vrai nom Vianney RAYNAL, ce musicien, graphiste, dessinateur et peintre est très influencé par l’Afrique, notamment le Burkina Faso ou il a résidé entre 1996 et 2003.

A Ouagadougou, il gérera un studio d’enregistrement, produira des albums (MASK’A JAZZ, DJAFOUL STAFF, NB BAB’S…) et organisera des concerts. Il évolue ensuite vers le graphisme, la création de logo et la photographie.

Viané (mars 2020(
Viané (mars 2020)

Installé à Montpellier depuis 2003, il travaille dans la grande distribution et continue ses activités artistiques en parallèle. Ainsi en 2007, il enregistre une chanson en hommage à Thomas Sankara intitulé « 20 ans après ».

En 2014 il réalise une bande dessinée intitulée “SANKARA ET BLAISE” (voir à http://www.thomassankara.net/sankara-et-blaise-une-bande-dessinee-de-viane/). Elle le sera éditée en 2015 en Espagne par Ediciones Wanafrika, en 2016 au Canada par Malaîka Edition, puis rééditée en France en 2019 par le Comité Thomas Sankara de Montpellier.

En 2016, il réalise une seconde BD intitulée « ADO ET GBAGBO » En 2017, il boucle la trilogie autour de « combats politiques en Afrique » en réalisant la BD « SEKOU ET DE GAULLE ».

Viané est l’auteur, le dessinateur et l’éditeur des BD. Il lui faut un an de travail pour réaliser une œuvre, les soirs et les week-end. Plusieurs mois sont nécessaires aux recherches historiques (livres, internet…), puis il faut passer au dessin.

Viané n’ayant pas les bases nécessaire pour dessiner correctement, il trouve un moyen moderne pour contourner le problème: Avec un logiciel de retouche d’images, il reconstitue des scènes en collant des photos d’archives, puis il dessine par dessus avec une tablette graphique. Une fois le dessin réalisé, il termine par le coloriage avec le même logiciel de retouches d’images.

En 2018, il commence à travailler sur un projet de BD sur Norbert Zongo. A l’occasion de la commémoration des 20 ans de son assassinat, le 13 décembre 2018, il édite un recueil de citations intitulé « Paroles d’honneur ». Un an plus tard, cette fois a l’occasion du 70eme anniversaire de la naissance de Thomas Sankara, il édite un autre recueil de citations intitulé « Gloire au peuple ». Depuis quelques mois, Viané consacre son temps libre à la peinture et à la réalisation de sa quatrième BD qui s’intitulera « Zongo et l’affaire David O ».

contact : [email protected]

https://www.facebook.com/Vianney-Vian%C3%A9-111413567164638/

Nos commentaires

Viané poursuit son travail de popularisation de l’histoire africaine et de certains de ses dirigeants à partir des bandes dessinées ou comme c’est le cas, d’un recueil de citations en utilisant l’art.

Après le recueil de discours de citations de Thomas Sankara, cette fois c’est pour Norbert qu’il mobilise ses talents d’artiste et de graphiste. Et si beaucoup de citations sont reprises un peu partout, il n’en est rien pour Norbert Zongo. Ce journaliste, pionnier du journalisme d’investigation au Burkina, paiera de sa vie son courage sous le régime de Blaise Compaoré, alors qu’il enquêtait sur les scandales de corruption et les assassinats, dont notamment celle de David Ouedrago livré aux tortionnaires du régiment de sécurité présidentielle qui le torturèrent à mort.

On découvre que Norbert Zongo pétille d’intelligence, de rigueur. Il déploie d’efficaces talents de pédagogue pour sensibiliser la jeunesse hors de toutes paroles convenues. On comprend qu’il soit, au côté de Thomas Sankara, une des deux figures qui ont nourri la formation et l’exemple à suivre de la jeunesse de son pays.

Ces quelques citations retrouvées par Viané nous remplissent d’émotion. Elles illustrent sa profonde solitude, dans ce combat de David contre Goliath, à part quelques amis journalistes. Son courage faisait probablement le vide autour de lui. Que de justesse dans ses analyses. Il ne cesse d’appeler à la responsabilité de chacun, tirant la sonnette d’alarme, dénonçant les travers du régime, mais s’adressant surtout aux burkinabé pour qu’ils ne tournent pas la tête, qu’ils ne consacrent plus à l’éducation de leurs enfants, tout en mettant en avant les valeurs africaines. “La seule leçon c’est la lutte“, dit-il tandis que Sankara déclare “Seule la lutte paie“.

Norbert Zongo a refusé a proposition de Thomas Sankara de venir collaborer avec lui, alors qu’il était arrivé au pouvoir, pour des raisons politiques. Pourtant on trouve d’importants points communs entre les deux hommes, mis d’ailleurs au même niveau de héros et de visionnaire par la population burkinabè. Une morale implacable et un appel à lutte pour améliorer le sort de chacun.

Ce recueil, essentiellement graphique, surprend au départ. Mais c’est celle d’un artiste qui aime et utilise les couleurs, le travail sur les polices de caractère. Le résultat en plus d’être émouvant par le contenu des textes, est une véritable fête pour nos yeux. Finalement une belle mise en valeur. Après un court moment pour s’adapter, les textes se laissent aisément apprivoiser. c’est évidemment à l’ensemble des Burkinabè et à leurs amis à l’extérieur que d’adresse cet ouvrage, non pas au chercheur. Cette méthode rend finalement les textes plus accessibles, plus lisibles.

Sans doute aurions-nous aimé un peu d’explication de contextualisation. Mais Viané est un artiste et non un chercheur, même s’il est militant. Encore qu’il a fallu partir à la recherche de tous ces textes. Mais ce livre doit sonner comme un appel à un travail à faire sur Norbert  Zongo, un recueil de textes plus complet accompagné d’une biographie. Mais n’est-ce pas aux nombreux journalistes nombreux au Burkina à se réclamer de Norbert Zongo de le faire? Ce travail existe-il? Si il faut mieux le faire connaitre.

Quant à ceux qui ne connaissent pas ou que de nom, Norbert Zongo qu’ils se procurent cet ouvrage (contact : [email protected]). D’abord ils se délecteront de ses paroles si justes tout autant qu’explosives, et si émouvantes quand on sait qu’il a été assassiné horriblement mais ils comprendront aussi la place qu’a pris ce journaliste parmi les héros post indépendance burkinabè.

Bruno Jaffré

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