La médiatisation de l’actualité au Burkina Faso fait la part belle aux militaires qui ne cessent de se mutiner, voir de piller. Pourtant la crise que traverse le pays est bien plus profonde même si,un régime arrivé au pouvoir par un coup d’Etat confronté à une telle révolte des militaires, ne semble vraiment plus crédible. Beaucoup de journalistes avaient pourtant attiré l’attention sur le fait que le président Blaise Compaoré, tout auréolé de son rôle de médiateur de paix dans la région devrait sans tarder se pencher sur la crise qui couvait dans le pays.

Quand au bon élève du FMI, certes il a été considéré comme tel. Mais comme partout ailleurs les recettes du FMI produisent la pauvreté. Mais maintenant qu’il promet à tout va pour calmer le mécontentement, c’est un cancre qu’il est devenu, déclenchant des vagues de grève souvent pour des questions de salaire.

Le pouvoir y reste très centralisé et personnalisé. Peu d’hommes politiques du pouvoir osent prendre des initiatives quand ils ne considèrent pas tout simplement que leur rôle consiste à flatter l’égo du président plutôt que de l’alerter sur les problèmes de fond.

Mais les gens qui dirigent ce pays n’ont-ils pas tout simplement perdu le sens de la réalité, de celle que vit le peuple burkinabè. Voudraient-ils prendre en compte le mécontentement des populations, le pourraient-ils? C’est tout le système qu’il faut remettre sur pied. Alors qu’ils sont systématiquement détruits tout ce que la révolution avait construit et en premier lieu le respect de la chose publique et de l’intérêt commune, l’intérêt du pays.

Cette fois la crise est là et bien là. La situation est particulièrement grave. Blaise Compaoré a beau s’être attribué le poste de ministre d la Défense, se croyant sans doute seul à avoir une autorité sur les soldats, les mutineries ont repris, plus graves, occasionnant non seulement de nombreux pillages mais aussi des décès d’enfants et de citoyens à cause des balles perdues.

Pour autant, cette chronologie probablement incomplète montre que la crise s’étend dans d’autres secteurs de la société avec des mouvements de révolte contre les maires du parti au pouvoir dans de petites localités. Crise politique, crise de l’armée, mais aussi crise sociale car les grèves ont lieu dans de nombreux secteurs. Le mécontentement est d’autant plus grand que le pouvoir semble avoir cédé aux militaires, dès qu’ils ont sorti leurs armes, alors que les autres secteurs de la société se mobilisent depuis de nombreuses années avec leurs organisations syndicales.

Difficile de prévoir où tout cela mènera le Burkina Faso, mais ce qui est sur c’est que Blaise Compaoré est déconsidéré. “Le roi est nu ” comme ont titré plusieurs journaux burkinabè.

Alors à tous ceux qui ont vanté son habilité, ses qualités d’hommes de paix, de négociateurs, etc… pourrez vous encore regarder le peuple burkinabè en face? N’êtes vous pas en partie responsable de la situation actuelle pour avoir flatté ce président, pourtant si décrié chez lui, pour avoir fermé les yeux sur son passé, pourtant bien sombre? Et ne venez pas nous dire que vous ne saviez pas. Notre site comme de nombreux autres regorgent d’informations sur votre champion.

Quant aux conseillers de Blaise Compaoré, vu le résultat de votre travail, nous espérons que vous rembourserez au peuple burkinabè les coquette sommes que vous avez perçues pour votre travail. Votre incompétence se mesure à l’ampleur de la crise actuelle, à moins que seul l’argent vous ait intéressé. Auquel cas c’est la prison pour escroquerie que vous méritez.

Bruno Jaffré

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Le mercredi 4 mai 2011, les élèves de Ouahigouya sont sortis dans la rue pour réclamer une fois de plus vérité et justice pour leur camarade décédé, Justin Zongo. Au cours de leur manifestation aux cris de “Dirigeants incompétents, A bas !”, ils ont sérieusement perturbé la circulation, contraint commerces et banques à fermer et tenté d’incendier à nouveau le siège du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP parti au pouvoir). Le présdient des élèvs a réussi à éviter de justesse d’autres violences.

Des centaines d’élèves ont manifesté jeudi 5 mai à Ouagadougou afin de réclamer “justice” pour les victimes de la répression lors de manifestations populaires qui ont eu lieu depuis le 22 février.

11 mai 2011
Les agents des commissariats de Banh et de Titao dans la province du Lorum ont manifesté. Contre leurs supérieurs hiérarchiques accusés de mauvaise gestion des ressources humaines, matérielles et financières, la rétention de leurs indemnités de patrouilles, des frais de services payés et de supervision des journées nationales de vaccination et une gestion peu transparente des affaires du service.
Le personnel de l’Office National des Télécommunications(ONATEL) dont l’actionnaire principal est Maroc Telecom, a déclenché une grève illimitée pour demander de meilleures conditions salariales et indemnitaires. Le personnel a pris d’assaut la direction générale au centre ville de Ouagadougou où des barricades sont érigées avec des véhicules du service,ce qui bloque la circulation routière à ce niveau.

samedi 14 Mai
Des habitants du chef lieu de la commune rurale de Pissila on manifesté contre le maire CDP occasionnant de nombreux dégâts dans la ville Ils lui reprochent sa gestion personnelle et opaque des ressources de cette commune par le maire, issue du parti CDP a été imposée de force dans cette commune par la présence des forces de l’ordre pour l’installer comme maire. D’autres mouvements d‘humeur contre la maire sont signalés à Boussouma, proche de Kaya comme Pissila.
Les associations féminines de Ouagadougou ont damé le bitume pour rapprocher les filles et fils du Faso, le samedi 14 mai 2011. Plusieurs milliers de femmes ont manifesté pour demander la paix l’appel d’organisations de la société civile en présence de députées, ministres ou épouses de membres du gouvernement.
Les militaires de la garnison de Po sont sortis vers 15 heures (locales et GMT) et ont commencé à tirer en l’air. Ces nouveaux tirs surviennent un mois jour pour jour après la mutinerie de soldats de la garde présidentielle qui s’était ensuite étendue à plusieurs villes du pays et aux policiers. Le mouvement avait cessé après la satisfaction de leurs réclamations financières. Il semble qu’ils veuillent être rattachés au régiment de sécurité présidentielle ?
Les mineurs de la mine d’or de Kalsaka dans la région du Nord du Burkina Faso déclenchent une grève illimitée à l’appel du Syndicat des travailleurs de la géologie, des mines et des hydrocarbures (SYNATRAGMIH). Les travailleurs ont déposé une lettre de doléances portant sur huit points dont le reclassement du personnel et l’augmentation des salaires et la calcul des primes.

16 mai 2011
Les agents de la police municipale de Bobo-Dioulasso ont observé un arrêt de travail dans la pour exiger le départ de leur commissaire et l’amélioration de leurs conditions de travail.
– levée du couvre feu
Fin de la grève à l’ONATEL après qu’un accord soit intervenu avec la direction. Les réseaux avaient subi de nombreuses perturbations.
– – Benewendé Sankara, Chef de file de l’opposition, signe une déclaration dans laquelle il est stipulé que l’opposition acceptera de participer aux travaux du C.C.R.P. (Conseil consultatif sur les réformes politiques) à condition que la modification de l’article 37 ne soit pas à l’ordre du jour

17 mai 2011
– Plusieurs centaines de personnes ont manifesté à la mairie de Bogodogo/ Ouagadougou pour des problèmes de lotissement.
Des affrontements ont opposé les communautés bwaba et mossi a solenzo a l’ouest du pays dans la boucle du mouhoun. On compte deux morts et plusieurs blessés. Le commissariat a été incendié. Un policier ayant traversé une procession de masque aurait été fouetté par les autochtones. Et le conflit aurait dégénéré. Les policiers se seraient rendus chez le chef coutumier et les jeunes ont alors mis à sac le commissariat. Des conflits sont latents entre les autochtones bwaba et les mossis venus s’installer.

19 mai 2011. 21 eme anniversaire de l’assassinat de l’étudiant Dabo Boukary par les forces de sécurité. Les étudiants ont organisé un meeting à l’appel de l’UGEB pour demander justice.

23 mai 2011 Grève des enseignants pour leurs indemnités et de meilleures conditions de travail. Les élèves des différents lycées de Ouagadougou sont sortis ce matin pour soutenir leur professeurs. Ils sont entrés dans dans le ministère de l’éducation qu’ils ont en partie saccagé.

23 mai – 24 mai Des coups de feu dans la nuit de lundi, provenant de l’intérieur du camp de la Garde républicaine située en plein cœur de Ouagadougou! Les mutins demanderaient le départ de leur chef et l’amélioration des conditions de vie et de travail dont le paiement de “la prime des honneurs” que perçoivent leurs camarades de la Garde présidentielle.

24 mai. Les élèves poursuivent leurs manifestations.

27 mai. Un accord intervient entre les enseignants grévistes et le ministre des enseignements supérieurs et secondaires ?

30 mai 2011. Dans la nuit du 29 au 30 mai 2011, de nouvelles mutineries ont éclaté dans plusieurs villes de province, à Kaya, à Dori, à Koupéla, à Tenkodogo ou encore à Dédougou, des militaires ont tiré en l’air parfois à l’arme lourde blessant au moins quatre civils à cause de balles perdues. Les tirs auraient en certains endroits continué dans la journée.

1 juin 2011. Cette fois ce sont les militaires de Bobo Dioulasso qui sont sortis de leur caserne pour précéder à des tirs dans la nuit du 31 mai au 1 juin.

2 juin De nouveau les militaires de Bobo Dioulasso sont sortis dans la nuit du 1 au 2 juin et ont pillé semble-t-il de nombreux petits commerçants. Les commerçants ont manifesté leur mécontentement devant le camp militaire puis devant la mairie qu’ils ont incendiée. Ils sont même pillé la réserve du camp et ont vendu les denrées alimentaires au voisinage. La presse qui jusqu’ici semblait faire preuve de compréhension commence à donner des signes de mécontentement de leurs agissements.

3 juin Les soldats ont continué à piller durant la nuit, terrorisant la population. Les éléments du régiment de sécurité présidentielle sont descendus la veille à Bobo Dioulasso. Ils interviennent militairement contre les soldats mutins. Les habitants sont terrés chez eux.

4 juin La mutinerie semble avoir été maitrisé et le camp des mutins réoccupés après l’envoi sur place du régiment de sécurité présidentielle, des parachustistes commandos de Dédougou, soutenus par la gendarmerie nationale de Bobo Dioulasso. On compterait plusieurs dizaine de blessés. 7 personnes auraient trouvé la mort au cours de l’opération, 6 militaires et une civile, selon les autorités. Selon une source hospitalière, citée par la BBC, il y a eu 18 blessés lors de cette opération, neuf militaires et neuf civils, ce qui porte à près de 60 le nombre de personnes blessées en deux jours à Bobo Dioulasso.

Pour la chronologie des évènements précédents aller à Post Views: 227

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