Nous apprenons ce jour du 7 avril 2020 le décès de Moustapha Thiombiano à l’age de 71 ans, intervenu la veille. Homme de média, organisateur d’évènements artistiques, il a créé la première radio libre Horizon FM et est aussi le PDG de la télévision  TVZ Africa.

Nous avons retrouvé dans nos archives une interview de Moustapha Thiombano en octobre 2004 que nous avions réalisée avec le réalisateur Charles Véron. Il m’avait à l’époque sollicité pour l’accompagner faire des repérages au Burkina Faso. C’est une des interviews que nous avions alors réalisées à l’époque. Nous étions retournés en 2007 pour tourner le film. Malheureusement les financements n’ont jamais été obtenus.

Il nous a semblé utile en guise d’hommage à Moustapha Thiombano et pour restituer une partie de ses actions anciennes mal connues de publier cette interview que nous avions utilisée pour écrire la biographie de Thomas Sankara (voir à http://www.thomassankara.net/biographie-de-thomas-sankara-la-patrie-ou-la-mort-edition-revue-et-augmentee-un-livre-de-bruno-jaffre/).

Dans cette interview, il parle longuement des circonstances de la venue de Fela au Burkina, puis de celle de Jimmy Cliff, mais aussi de l’épisode de l’avion qui fut installé avenue de l’indépendance à son initiative. Une interview passionnante livrant de nombreuses informations oubliées ou tout simplement inconnues.

Bruno Jaffré


Charles Veron : J’ai entendu dire que Thomas Sankara c’est votre frère, vous l’avez connu quand?

Moustapha Thiombiano : Je l’ai connu en bas âge.. Je l’ai connu en tant que révolutionnaire en tant que président. Camarade Président…Révolutionnaire visionnaire, un créateur un poète un philosophe un écrivain et puis un panafricaniste surtout.

Charles Veron : Et vous vous faisiez quoi à cette époque?

Moustapha Thiombiano : Moi à l’époque après l’école j’ai créé les premiers orchestres pop de Haute Volta et comme Thomas Sankara aimait la musique il venait nous voir aux répétitions c’est  à partir de ce moment qu’il a été piqué par la musique d’ailleurs. Il a commencé à apprendre la guitare. Et il devenu guitariste

Bruno Jaffré : A quelle période

Moustapha Thiombiano : Dans les années 60,64 65 67

Bruno Jaffré : Quand il était au PMK alors.

Moustapha Thiombiano : A oui. A l’époque du PMK oui. Il venait en culotte avec ses chaussettes de militaire. On était des grands frères donc ils étaient à l’écart.

Bruno Jaffré : C’est vous qui lui avez mis une guitare entre les mains ou bien c’est lui qui…

Moustapha Thiombiano : Ils ont appris avec nous. Leur premier temps dans la musique avec nous. Il y avait les Some Boys avec Herman Yaméogo et moi j’étais le premier batteur après il y a eu les bouzouz, après ça il y a eu Dinarou après il y eu deux orchestres tels que Hatimbo etc.. Donc il y a plus d’orchestre aujourd’hui? Avant chaque samedi soir dans tous les maquis c’était les orchestres. Aujourd’hui bon avec la simplicité de la musique  aujourd’hui il suffit d’une boite à rythme et la musique est faite. Avant il y avait pas ça. C’était des orchestres live qui jouaient. Et même à des soirées comme ça, les Thomas venaient il prenait la guitare et il jouait devant les gens. C’était les premiers à l’époque. Moi j’ai des photos de mon orchestre qui sont là. Des années 70. Il est pas dessus.

Charles Veron : Est-ce qu’il était bon guitariste?

Moustapha Thiombiano : On est bon dans ce qu’on fait quand le fait bien. Il a toujours aimé la guitare. Moi j’étais batteur. Donc j’ai fait la première batterie de jazz.

Charles Veron : Abdoulaye Cissé, il était avec vous à ce moment-là?

Moustapha Thiombiano : Non ils sont venus 20 ans après. Non ils ont commencé il n’y a pas longtemps; Nous c’est vieux; Vers les années 80. Moi je parle bien des années 63 64 65 66 67 68 69. Abdoulaye Cissé ne savait jouer de la guitare à  l’époque. Aucun d’eux à l’époque.

Après je suis parti, je suis allé faire 18 ans aux États-Unis. Je suis revenu juste 3 ans avant la révolution du 4 août. Et ça s’est déclenché en ma présence. J’étais dans la révolution populaire. Donc on s’est revu encore et c’était encore on s’est renouvelé donc. euh.. J’ai beaucoup travaillé pour la révolution, j’ai fait plein plein de chose. J’ai fait le premier tee-shirt de Thomas Sankara, vous verrez c’est comme ça. Et je lui ai envoyé il m’a dit c’est bon. Tout me monde le portait dans les milieux populaires, aux kermesses aux réunions. C’est moi qui l’ai créé.

Charles Veron : Ca ne le gênait lui pas ça? Pour ne pas ressembler à un espèce de culte.

Moustapha Thiombiano : Non non c’était bien. C’était les tee-shirt du visionnaire notre président Thomas Sankara. Les gens avaient la fierté de porter ça,  Quand c’est passé, j’adhère à la révolution, je suis revenu. Il m’a appelé un jour il savait qui je suis. Je créé beaucoup. Vous savez que j’ai créé la première radio privée du continent africain. Et aussi Thomas savait qu’avec Moustapha on peut tout faire, des choses incroyables. La preuve que j’ai tiré un vieil avion DC3 depuis l’aéroport, j’ai démonté les ailes et on a poussé à 3 heures du matin, on a déposé à côté de l’hôtel Indépendance pour que les enfant qui ont toujours vu cet oiseau voler en plein air puissent venir d’approcher d’un avion, rentrer dedans,  voir ce que c’est. Thomas me dit : “Ah vous sympathisez?”

(NDLR : L’avion était garé en panne à l’aéroport. Marcel Thiombiano a été aidé par l’acteur Sidiki Bakaba et 25 militaires pour le pour le pousser depuis l’aéroport jusqu’à l’hotel Indépendance).

Avion déplacé par Thiombiano lors du FESPACO 87
Avion déplacé par Thiombiano lors du FESPACO 87

Le matin quand ma femme allait au travail  elle a vu l’avion devant l’hôtel Indépendance elle a dit ” mais ceux qui sont venus, ils voulaient  bombarder la présidence” et l’avion s’est écrasée devant l’hôtel Indépendance. On a rigolé. Je l’ai fait, il faut attendre le couvre-feu en 15 minutes à 3 heures du matin alors que c’était le couvre-feu. On l’a poussé à la main depuis l’aéroport, il y avait beaucoup de monde, beaucoup de militaires. On a enlevé les ailes. On a même fait pas mal de photos. C’était quelque chose de très très fort. Je n’avais jamais vu ça. Comment l’avion est venu? Comment? Comment? Mais qu’est-ce que tu veux faire avec un avion?  Encore toi. Je dis mais non tu vas voir ce que ça va faire. Donne-moi l’autorisation puisque je ne vais pas le faire tant qu’il y a le couvre-feu. On a fait ça. Aujourd’hui les gens en parlent et ils en parleront toute leur vie. Parce que c’était inimaginable.

Charles Veron : Il y a eu d’autres actions comme ça très spectaculaires?

Moustapha Thiombiano : Il s’est passé beaucoup de chose. Par exemple, j’ai fait la course de mobylettes Chaque année, il y a 700 coureurs tout Ouagadougou qui sort voir ça. Mais ça c’était après Thomas malheureusement. J’ai fait la course des pirogues. Dans un pays sahélien, je suis président de la fédération canoé aviron. On dit qu’il n’y a pas d’eau au Sahel et eux ils font des courses. Quand les gens voient ça. On a des barrages, on peut s’amuser sur l’eau. Les gens se disent pauvres. On n’est pas pauvre. On adore aussi faire la course, pourquoi pas. On n’a pas besoin des océans. On a pas besoin des ivoiriens togolais béninois pour faire la course des pirogues.

Bruno Jaffré : Pendant les 3 mois avant le 4 août, vous l’avez vu?

 Moustapha Thiombiano : Je le voyais. On parlait, parce que il fut un moment où on avait monté les chanteurs au poing levé. Et je faisais partie de la délégation quand on les amenait partout au Bénin au Congo.. etc.. jouer. C’était des enfants petits qu’on a pris, c’était fantastique. Au Niger en tout cas personne n’allait. Tous les pays ont pris l’exemple pour fonder un orchestre. Jeune pour chanter, chants de leur pays et puis les chansons populaires dedans. Des fois il envoyait des militaires me chercher : “Allez me chercher Moustapha, allez j’ai besoin de Moustapha.. parce que on veut faire.. il faut faire venir Moustapha il va nous dire ce qu’il faut faire ». Des réunions importantes, il parle il parle et puis il prend les gens.. par exemple Moustapha , machin… moi ça me gênait un peu. Un fois que j’ai passé quelque part je crois que c’était à Air Afrique et on devait faire des paillotes avec l’électricité. C’était .. il a fait bloquer l’avion. On m’a fait sortir de l’avion pour que je donne les instructions. Comment faire les paillotes. L’avion m’a attendu. Moi je voulais foutre le camp. Faites ça faites ça. Et puis on m’a ramené à l’avion. Et puis son chef du protocole qui est venu me chercher. Ah le président pour que tu donnes tes instructions comment on va le faire.. Ça fait plaisir.

Avant le 4 août, je l’ai vu une fois comme ça, une politesse.

Après le 4 août, c’est lui qui m’a convoqué. On peut se voir… Tant qu’il est président en tant que Thomas Sankara. Il y a jamais eu ça entre lui est moi.

Sankara et Fela
Sankara et Fela

C’est toujours des.. j’ai des idées géniales, je peux quand même le dire, donc il a besoin de moi.. “Appelez Moustapha” Il me vole des idées aussi. Et une fois moi j’ai fui Ouaga et je suis allé habiter Bobo proche. Un jour à Bobo il me voit « ah tiens.. J’ai besoin de toi à Ouagadougou ». Eh oui j’ai quitté et je suis venu à Ouaga. Et c’est qu’un moment donné à une réunion  on voulait que Fela vienne tous les gens ont dit “Non.. Fela c’est pas bien. Il fume la drogue ceci cela »  La salle était pleine. Moi je me suis levé j’ai dit. Moi je suis pas d’accord il faut faire venir Fela. C’est un panafricaniste qui chante la libération de l’Afrique. Il faut faire venir Fela ici. Et devant tout le monde Thomas a dit : “camarade Moustapha tu as bien raison. On va faire venir Fela“. Fela est venu. Il a chanté très bien. Et c’est moi qui ai fait venir Jimmy Cliff ici,  le premier anniversaire le 4 août 1984 on a mis près de 150000 personnes au stade du 4 aout. Comme Jimmy Cliff est un ami. Quand il venait à Los Angeles il venait chez moi. Un jour Thomas me « dit ah Moustapha pour la fête comme lui aussi il a été .. par Jimmy Cliff, la reggae la musique tout ça ». « Alors il m’a demandé Est ce que vraiment tu peux pas faire venir Jimmy Cliff ». « Prête moi le téléphone je vais appeler Jimmy Cliff ». Alors j’ai fait jouer Jimmy Cliff pour le premier anniversaire de la Révolution du Burkina Faso. Thomas Sankara  me demande. Il me dit Moustapha, toi tu me demandes je viens. On a tout réglé. Tout son orchestre, c’était du jamais vu. Et quand on est rentré au stade, il a vu ce monde, il n’en revenait pas. Et on n’a pas commencé tôt. Jimmy et moi on jouait au ballon. Les gens depuis 9 heures du matin. Les gens venaient; « Ah Moustapha Moustapha »..” « de nous foutre la paix nous on s’amuse d’abord » Jimmy Cliff putain incroyable. Ils ont des images à la télévision nationale.

Bruno Jaffré :Vous les avez vu depuis.

Moustapha Thiombiano : Oui oui ils le passent. Mais ça manque de son. Il n’a pas pris le bruitage des gens. Le caméraman n’a pas fait ça. On entend la musique mais le tour.. Créer au moins quelque chose.

Bruno Jaffré :Vous avez assisté quand Fela est venu avec Sankara ils ont dû discuter un peu. Ils ont parlé de la drogue.

Moustapha Thiombiano : J’étais là à la présidence. Il n’a pas du tout parlé de ça. C’est moi-même qui suis allé. Je m’occupais beaucoup de Fela. Il était à l’hôtel. Et quand nous sommes entrés dans la Présidence, Il voulait absolument jouer devant tout le monde. IL était venu pour jouer au stade pas là-bas. Mais Fela voulait jouer, il m’a embêté. Dis au président de jouer. Thomas dit non. Il voulait coûte que  coûte jouer là-bas. Je suis arrivé à le calmer un peu. Je savais que là-bas il allait  péter les plombs. Il y avait les ambassadeurs tout ça. Comme c’était une réception à la présidence. Et il me dit du café au chocolat early in the morning. Il me dit café avec du chocolat. Je suis allé commander ça. J’arrive la matin avec le chocolat. Je frappe. Je me suis arrêté tout nu, même pas un slip. Incroyable ce type. Il m’a reçu tout nu. On a causé un peu moi je suis parti. Donc il y a des moments comme ça.

Bruno Jaffré : Avec Thomas vous vous rappelez de quoi ils ont parlé?

Moustapha Thiombiano : A propos de Jimmy Cliff, nous avons tourné un film avec Jimmy Cliff dans le bureau de Thomas même à la Présidence. Il y avait moi et puis le caméraman. Je ne sais même pas où je dois avoir ça. Comme c’est moi qui faisait l’interprète quand ils ont filmé il parlait de comment il a été influencé par la.. de Jimmy Cliff, des chansons tels que No woman No Cry, ils ont causé beaucoup beaucoup comme ça. De la musique qui l’a émerveillé pendant son enfance. La musique de libération de la Jamaïque on a beaucoup discuté là-dessus dans son bureau.

Bruno Jaffré : Le reggae c’est récent non? Marley est mort en 1982.

Moustapha Thiombiano : Il y a eu du vrai reggae avant Bob Marley. No woman no cry, ça c’est composé par Jimmy Cliff. Bob Marley a contribué à rendre ça encore plus populaire.

Charles Veron : Je ne savais pas que c’était Jimmy Cliff qui l’avait composé. (en réalité sur les disques la chanson est attribué à un certain V. Ford)

Moustapha Thiombiano : No woman no cry a été composé par Jimmy Cliff mais bien avant ça il y avait les anciens reggae. Même Harry Belafonte, c’est lui le premier à faire du reggae. Le reggae c’est la musique du Ghana. Voilà.

Bruno Jaffré : Il vous a confié des missions particulières? C’est vous qui apportiez les idées ou bien un jour il se lève il dit viens ici.

Moustapha Thiombiano : Non on échange les idées comme ça. Mais c’est lui qui avait de grandes idées. Nous avions déjà l’idée d’organiser la rue marchande dans le centre, c’est ça qui est devenu le SIAO là. ; Moi j’ai dit mais je lui ai dit pour faire des fêtes comme ça on n’a qu’à demander…  Nous avons créé la rue marchande après nous avons appelé le Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou. Parce que j’avais demandé à tous les artisans de sortir, chacun prend un kiosque et vend. On n’avait jamais fait ça puisqu’ils étaient tout le temps au marché. Pour acheter un bronze il faut aller jusqu’au marché. Il y a plein de monde alors que là c’est dans la rue, il y a de la musique, à manger, de la lumière. C’était beau, c’était beau à voir. Ça a été créé par Thomas Sankara. Un jour on était assis. J’ai dit mais il faut qu’on fasse quelque chose pour ces gens-là. On a commencé à causer. Et c’est là qu’a jailli l’idée de créer la rue marchande.

Après on a créé la radio “entrez parlez“. C’est un radio. Tu marches dans la rue, tu as une idée tu rentres, tu parles et puis tu continues ta route. Après ça j’ai créé horizon FM.

Bruno Jaffré : Les gens critiquaient la révolution à entrez parlez?

Moustapha Thiombiano : Eh oui oui

Bruno Jaffré : Elle n’a pas fermé avant le 15 cette radio?

Moustapha Thiombiano : Je ne sais pas ce que c’est devenu. C’était dans la cour du centre de formation. Ils ont fermé car c’était un relais. Elle a été fermé avant le 15 octobre. Moi j’ai démarré la mienne après le 15.

Bruno Jaffré : Les gens critiquaient les CDR dans la radio entrez parlez?

Moustapha Thiombiano : Il y avait la vraie libre expression. A l’époque. Les gens parlaient…

Toute la jeunesse, fougue…On parlait de tout et de rien. Comment ça va? Et si on faisait ça? Et si on nettoyait les rues? Si on consommait ce qu’on produisait; si on produisait ce qu’on consommait? Parle toujours du côté national, du côté révolutionnaire, du côté patrimoine culturel.

Bruno Jaffré : Vous êtes parti en mission avec lui à l’étranger?

Moustapha Thiombiano : Non. Quand Jimmy Cliff est venu j’étais plutôt en mission avec Blaise Compaoré. On allait à Bobo Dioulasso. Pour choisir les guitares. Je suis jamais allé en mission. Moi je le fuyais; il me faisait trop travailler.

Moi j’étais le créateur du pays. Il y a une fête qu’est qu’il faut faire pour que ça marche bien. Vous voulez faire ça. Allez y voir Moustapha.

Discussion sur les artistes qui sont venus.

Je me rappelle un moment donné, un carrefour avec les femmes. Mariam est venue.

Le 15 octobre, j’étais à la radio en train d’être interviewé par un journaliste qui était à la BBC. Comment il s’appelle encore? On entend des coups de feu. Ca tirait de partout .. papapapa pa. Automatiquement si ça vient de la Présidence, c’est un coup d’État , si c’est un coup d’État Thomas est mort.

Sankara est toujours vivace dans l’esprit des gens. Ses idéaux sont là. Ça reste. Les gens ont bossé. Chacun allait à l’heure au travail. On voyageait que le dimanche pour voir sa famille. On allait pas voir ses parents avec les voitures de l’État. C’était interdit. Les gens respectaient ça. Aujourd’hui c’est toujours interdit mais est-ce que les gens respectent. Pourquoi pas.

On allait en boite tous ensemble? Tu payes tu rentres. 300 FCFA l’entrée. On ne savait plus qui était président. On se mélangeait. Il était en uniforme quand il allait en boite de nuit. Je me rappelle il avait son pistolet ici. Je me rappelle tout ça. C’était de Che Guevara de l’Afrique. Plein de vie, il aime danser. Tu le vois en ville avec son VTT.

Propos recueillis par Charles Véron et Bruno Jaffré en octobre 2006.

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