Nouvelles menaces contre deux journalistes au Burkina Faso.

Ci-dessous le message tel qu’il a été reçu à la rédaction du mensuel Le Reporter le 20 janvier 2009

— En date de : Mar 20.1.09, Compaoré Issouffou Yandé <[email protected]> a écrit :

De: Compaoré Issouffou Yandé <[email protected]>
Objet: on va vous zigouyer
À: [email protected]
Date: Mardi 20 Janvier 2009, 14h40

Bonjour. Vous les gens de le Reporter, je voulais vous dire que vous dépassez les bornes. Si les gens bouffent dans ce pays, ou est votre problème. Tous ceux qui crie aujourd’hui là, ils vont prendre l’argent la nuit chez le boss. On les connais. Si vous voulez bouffez aussi, faut aller bouffer, c’est pas la peine d’insulter les gens dans votre journal. En quoi l’affaire de l’argent de la CNSS et lès villa que les autorités ont pris vous regardent? La cour des comptes même n’a pas cité les noms et puis vous vous citez les noms. Si cest vous qui connaissés enquêtes, je vais vous rappeler cas de norbert Zongo. C’est nos koros qui l’ont zigouyé avec ses gars là. Vous aussi on va vous zigouyer. On connait tous les journalistes de le Reporter, on va les zigouyer un a un. Ya des gens qui vous suit. Partout ou vous partez on sait. Vous n’allez pas nous échappés. Vous et puis Barry newton de l’évènement. Lui aussi il écrit n’importe quoi. Vous croyez que vous pouvez remplacer norbert Zongo?. C’est nous on n’a fait bruler voiture de SamsK le jah qui est à Ouaga FM et qui parle au hazard. Les gens ont crié, c’est pas fini? Qui parle e ça encore?Un jour tout votre wobawoba là va finir. Nos gars vous ont déjà répéré. Je vous conseil d’arreter. Sinon, c’est tant pis pour vous. Vous êtes des bandits mais y a plus bandit que vous. A bon entendeur salut. Norbert aussi on lui avait dit ça il n’a pas écouter. Il est ou aujourdui? Les gens vont crier et puis après, yaura rien. c’est tant pis pour vous. A plus tard.

Le chef   

 

 


 

Les commentaires du Reporter

lundi 2 février 2009

LIBERTE DE LA PRESSE: Des journalistes menacés de mort

Les prédateurs de la liberté de la presse se sont encore manifestés. Suite à notre article sur «les non-dits du rapport de la Cour des comptes», publié dans Le Reporter N°19 de janvier 2009, nous avons reçu des dizaines de messages de félicitation et d’encouragement; mais dans le lot, il y avait un intrus, un mail porteur d’un message assassin, écrit peut-être par un crétin plaisantin comme on en trouve un peu partout dans les rouages de notre système ; peut-être par la voix du maître ou encore par un quidam chargé de jouer les idiots de service dans l’espoir de faire passer par cette «farfelulade» ce que ces âmes malveillantes tapies dans l’ombre n’osent déclarer à visage découvert! Peu importe. Dans ce pays, l’histoire nous a vite enseigné que même les idiots doivent être pris au sérieux tant la différence devient très difficile à établir entre un crétin et un assassin. L’auteur se fait appeler «Le chef». Il menace de «zigouyer», c’est-à-dire d’éliminer de façon atroce, «un à un», les journalistes du «Reporter». Mais pas seulement eux. Il y a aussi Newton Ahmed Barry du bimensuel L’Evénement sur sa liste.

L’auteur du mail affirme même que c’est son équipe qui a fait brûler la voiture de Sams’K le Jah, le célèbre animateur de Ouaga FM. Et que ce sont ses «koro», donc ses supérieurs hiérarchiques, qui ont assassiné Norbert Zongo. «Le chef» nous a donné un ordre: «Arrêtez d’écrire, sinon c’est tant pis pour vous». Un conseil aussi, si nous voulons échapper à sa sentence. Il nous invite à dîner à la table de quelqu’un qu’il appelle affectueusement le «boss»: «Tous ceux qui crient aujourd’hui, vont prendre l’argent la nuit chez le boss. On les connait. Si vous voulez bouffer aussi, faut aller bouffer. En quoi l’affaire de l’argent de la CNSS et les villas que les autorités ont pris vous regarde? La Cour des comptes même n’a pas cité les noms et puis vous, vous citez les noms. Si c’est vous qui connaissez enquête, je vais vous rappeler le cas de Norbert Zongo».

Nous sommes donc avertis. Il y a des gens qui veulent attenter à la vie de certains journalistes qui n’ont fait que faire leur travail de journaliste. Nous avons demandé au conseil juridique de notre journal de porter plainte contre X. Au «Chef» et à son équipe d’assassins, nous disons ceci: Le Reporter n’ira pas dîner à la table du «boss». Nous ne goûterons jamais ce repas que vous avez souillé avec vos mains tachées de sang. Faîtes ce que vous voulez. Mais sachez que «nous sommes tous mortels: ceux qui ont le pouvoir de donner la mort tout comme ceux qu’on tue pour qu’ils ne gênent plus le festin des autres». Après les meurtres et les assassinats que vous dites être fiers de commettre, «vous pourrez peut-être échapper à la justice terrestre, celle des hommes; mais vous n’échapperez pas à la justice suprême, celle de Dieu». Pour votre gouverne, sachez que la première citation est d’un journaliste intègre dont vous dîtes connaître les assassins. La deuxième est d’un illustre historien burkinabè décédé, militant du Collectif contre l’impunité. Sachez-le une fois pour toutes : Le Reporter n’écrira ni sous l’injonction, ni sous la dictée des prédateurs de la presse. Notre journal continuera de faire son travail avec professionnalisme et avec toute l’indépendance qui constitue son credo, ne vous en déplaise. Non, «Chef», nous ne dînerons pas à votre table, ni à celle de votre «boss». Jamais!

La Rédaction

Source : http://reporterbf.blogspot.com/search/label/ONDE%20DE%20CHOC

 

 


Quelques informations supplémentaires et nos commentaires.

 Le mail de menaces a été reçu le 20 janvier 2009 mais ce n’est que hier, 3 février 2009, qu’il a été rendu public. Nous avons eu M. Taoko, le redacteur en Chef du Reporter qui nous a dit prendre ce message très au sérieux.

Ces menaces arrivent à ce journal, alors qu’il vient de rendre public un scandale touchant de nombreuses personnalités du régime, pourtant révélé par un rapport de la Cour des comptes (voir à l’adresse http://reporterbf.blogspot.com/2009/02/prets-illegalement-octroyes-de-hautes.html).
Par ailleurs l’autre journaliste menacé, M. Newton Ahmed Barry, du bi-hebdomadaire l’Evènement (voir à l’adresse
http://www.evenement-bf.net/) , avait déjà été victime d’une tentative d’assassinat (voir à l’adresse http://thomassankara.net/?p=0443  ).

Ces deux journaux sont bien connus au Burkina pour la qualité de leurs investigations, ce qui fait leur succès auprès de la population.

A un peu plus d’un mois de l’ouverture du FESPACO, le Festival Panafricain du cinéma de Ouagadougou, alors que la société civile a manifesté en masse dans les rues de Ouagadougou le 13 décembre dernier, pour que justice soit rendue à Norbert Zongo (voir la pétition qui peut encore être signée à l’adresse http://www.lapetition.be/en-ligne/justice-pour-norbert-zongo-3229.html ), ces nouvelles menaces peuvent laisser perplexes.
Mais au Burkina, les auteurs des telles menaces jouissent jusqu’ici d’une totale impunité. Le dernier procès sur l’assassinat de Norbert Zongo, directeur de l’Indépendant, assassiné le 13 décembre 1998, s’est soldé par un non lieu. Par ailleurs, le musicien Sams’K Le Jah, animateur radio sur Ouaga FM, a reçu en l’espace de 2 mois entre mai et juin 2007, trois menaces de mort. Bien qu’une plainte ait été déposée à la police et qu’une requête ait été déposée à l’ONATEL, opérateur national de téléphonie, pour tracer le message, les auteurs de ces menaces n’ont pas été attrapés.

Plus grave, on a ensuite brulé la voiture de Sams’K Le Jah, le 28 septembre 2007, dans l’enceinte de la radio où il travaillait. Un jeune a été arrêté et emprisonné après ce forfait mais rien n’est venu prouver que ce soit ce même jeune qui a envoyé les messages de menace.

Les auteurs des menaces courent donc toujours et peuvent continuer à se livrer impunément à de nouvelles forfaitures, voir à provoquer les journalistes.

Les experts informatiques savent bien que l’on peut tracer les messages. La police burkinabé n’a-t-elle pas été formée sur la recherche des auteurs de mails, dans le cadre de sa coopération avec les américains ou les français pour renforcer sa sécurité et lutter contre le terrorisme? Nous sommes en droit d’en douter.

A l’approche du FESPACO, alors que de nombreux plumitifs se répandent pour louer la "démocratie burkinabé", les autorités du Burkina, si elles veulent paraitre crédibles aux yeux des nombreux festivaliers qui vont arriver à Ouagadougou à partir du 28 février, ont intérêt à trouver rapidement les auteurs de ces menaces.

Dans le cas contraire, les autorités seront immanquablement soupçonnées de protéger les responsables de ces menaces.

Dans l’immédiat, la réaction s’organise dans le pays et nul doute que cette nouvelle affaire ne passera pas inaperçu.

Les animateurs du site thomassankara.net

1 COMMENTAIRE

  1. Nouvelles menaces de mort contre deux journalistes au Burkina Faso (février 2009).
    Bonjour Le Chef,

    Rappel ou Information pour vous:
    – Burkina Faso : Pays des Hommes Intègres
    -intègre : adjectif = d’une probité, honnêteté absolue.

    Visiblement, vous n’êtes pas ou plus un burkinabé. En tout cas, vos allégations et menaces
    vous discréditent, et vous n’avez donc rien à faire au Burkina. Alors, de grâce, allez-vous
    en semer sang et haine aux confins de quelque passé sauvage et barbare, auquel vous semblez appartenir.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Saisissez votre commentaire svp!
SVP saisissez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.