Nous n’avons pas connu personnellement Jean Ziegler si ce n’est à travers quelques rares courtes conversations téléphoniques. Mais nous le connaissons de réputation, à travers quelques uns de ses livres. Mais surtout nous savons que s’est installé, avec Thomas Sankara, un accompagnement fructueux, une relation riche d’échanges, de respect et d’amitié. Aussi un hommage, à l’occasion se son décès, sur le site thomassankara.net s’impose.
Jean Ziegler entouré de Sams’K La Jah, Smockey, Didier Awadi à l’occasion d’un hommage à Sankara en Suisse
Nous avons donc cherché ailleurs des articles qui lui rendent hommage. Nous avons trouvé celui d’Amadou Bal Ba sur sa page facebook, qui nous a semblé le plus complet, abordant les différents engagements et activités, de ce grand défenseur de ce qu’on appelait l’époque le Tiers Monde, aujourd’hui appelé le grand Sud, ce connaisseur de plusieurs dirigeants révolutionnaires, ce Suisse qui dénonçait les activités financières illégales de son pays ou son engagement à l’ONU contre la faim. Mais cet article n’évoque pas Thomas Sankara. Nous voulons juste rappeler ici avant de laisser place à Amadou Bal Ba, que leur amitié était riche, sincère et fructueuse.
Christophe Cupelin (1er plan), Jean Ziegler et Pascal Knoerr en avant première du film Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin
Jean ZIEGLER (1934-2026) un écrivain suisse altermondialiste, un humaniste solidaire avec les vaincus, une mauvaise conscience pour son pays la Suisse. Un Apôtre de la dignité humaine.
Par Amadou Bal Ba, Paris le 10 juin 2026
Docteur en droit et en sociologie, universitaire, à Genève et à la Sorbonne, conseiller municipal socialiste à Genève, député, pourfendeur du capitalisme financier et prédateur provoquant les guerres et les famines, Jean ZIEGLER nous a quittés le 10 juin 2026, à Genève, à l’âge de 92 ans. Son fils a salué en lui «ce vrai défenseur des opprimés, très proche des gens, plein de compassion pour leurs souffrances. C’est un intellectuel en qui, en politique, a mis tout son talent pour décrypter les mécanismes d’oppression et de fournir des mécanismes de défense. Il était toujours plein d’espoir, notre famille était très solidaire», dit Dominique ZIEGLER, en hommage à son père. De plus en plus rares sont les critiques virulents du capitalisme et du libéralisme contemporains. Leur voix n’est pas éteinte, mais elle est muselée, sinon discréditée, au moins contestée par la suprématie que ce double modèle idéologique et économique exerce désormais, sous des formes certes disparates, sur la quasi-totalité du globe et dans la quasi-totalité des consciences. «Jean Ziegler est de ces opiniâtres résistants au capitalisme. Sa confrontation intellectuelle et physique, scientifique et émotionnelle, à la véracité de l’extrême pauvreté, au cynisme des mécanismes diplomatiques, aux obscurantismes multiformes, à l’étranglement des droits humains élémentaires, au dépérissement des utopies, lui confère d’être un observateur unique de l’état humain du monde», écrit en 2018, Denis LAFAY.
Agnostique, issu d’une famille calviniste ou protestante, et se définissant comme «un catholique en voie de guérison», né Hans ZIEGLER le 19 avril 1934, à Thoune, dans le canton de Berne, il a grandi à Berne en Suisse. Son père est le président du tribunal du district de Thoune. Sa mère est Elisabeth WALTHER. Il s’est construit en opposition face au défaitisme et au conservatisme de son père issu de la bourgeoisie. «Je suis né en Suisse, dans un milieu bourgeois. J’ai une enfance heureuse, mais très bourgeoise. Lorsque je me trouvais dans des situations de pauvreté, j’étais consterné. Mon père me disait «Dieu l’a voulu ainsi», dit-il. Ainsi il se souvient d’une scène mémorable pendant son adolescence. Au marché de bétail un enfant issu d’une famille déshéritée tremblait avec habits troués. «Tu ne peux rien faire» lui dit son père. Et ce fut la rupture. «Quelques années plus tard, j’ai rompu, j’ai insulté mon père et je suis parti», dit-il.
Jean ZIEGLER a été marié deux reprises. Une première fois en 1965 avec l’écrivaine et sociologue égyptienne, Wedad ZENIE qui a lui donné un fils, Dominique, Pascal, Karim, né le 25 août 1970, un dramaturge et metteur en scène. «La naissance de mon fils a été le premier matin du monde. J’ai craint qu’il ne me traite pas comme je l’ai fait avec mon père, par le rejet. De fait, je ne supportais pas les non-réponses de celui-ci, quand je lui désignais telle ou telle injustice et qu’il me répondait qu’on ne pouvait rien faire. Cela me révoltait», dit-il. En 1999, il se remarie à Érika DEUBER-PAULI, une historienne de l’art, députée du canton de Genève, de la gauche radicale solidaire avec les Palestiniens.
I – Jean ZIEGLER, une mauvaise conscience pour la Suisse, une nation de «receleurs»
Jean ZIEGLER ne laisse jamais indifférent. Pour certains, il est un combattant intrépide contre la pauvreté et la faim, pour d’autres un agitateur et un polémiste. Jean ZIEGLER est d’une critique acerbe contre son pays ; il représente une mauvaise conscience pour la Suisse, qualifié de «nation de receleurs», son riche pays, un paradis fiscal. 300 à 500 milliards de dollars, tel est le montant estimé des profits réalisés chaque année sur le marché mondial de la drogue. Principal receleur de l’argent de la mort : le système bancaire suisse, qui n’a pas son pareil pour accueillir et recycler les capitaux internationaux à l’abri des regards indiscrets. La plaque tournante de recyclage de l’argent sale est à Zurich. La Suisse a soutenu l’Apartheid jusqu’à sa fin. Ainsi, dans son ouvrage «Une Suisse au-dessus de tout soupçon» paru en 1976, il fustige l’aristocratie financière et ses profits bancaires. Il a eu à faire face à neuf procès qui l’ont ruiné. En 1990, il publie «La Suisse lave plus blanc», un violent réquisitoire contre le secret bancaire. Son immunité parlementaire est levée. «A l’époque, j’ai été menacé et j’ai reçu des appels anonymes. Certains fous pensaient que j’étais la cause de leur divorce», écrit-il.
Suisse le plus connu à l’étranger, Jean ZIEGLER a laissé une forte empreinte dans la vie intellectuelle et le débat dans son pays. Son autre livre, «La Suisse, l’or et les morts», est aussi explosif. Sans les banquiers suisses, la Deuxième Guerre mondiale aurait été terminée plus tôt et des centaines de milliers d’êtres humains auraient eu la vie sauve. Ils ont fourni des milliards de francs suisses à Hitler, lui permettant d’acheter sur le marché mondial les matières premières stratégiques dont il avait besoin. Les profits astronomiques de la guerre ont ensuite fondé la puissance mondiale de la place financière helvétique. Des rapports de services secrets, surtout américains, récemment déclassifiés, révèlent la complicité active des banquiers suisses (marchands d’art, agent fiduciaire, bijoutiers, avocats d’affaires, etc.) qui ont recelé, «lavé» l’or que les SS avaient volé dans les banques centrales, les entreprises et les demeures privées des pays occupés, ou arrachés aux victimes des camps. Dans le même temps, le gouvernement suisse refoulait à ses frontières des dizaines de milliers de réfugiés juifs, les renvoyant parfois directement vers les bureaux SS.
Jean ZIEGLER a connu d’importantes personnalités du monde littéraire ou politique, comme Jean-Paul SARTRE qui lui suggère de remplacer son prénom «Hans» par «Jean». C’est durant cette période de 1956, à Paris, que Jean ZIEGLER, prenant Jean-Paul SARTRE comme son père adoptif, lui a donné des outils pour comprendre le monde et lutter pour le changer. «Pour aimer les hommes, il faut détester ce qui les opprime» disait Jean-Paul SARTRE. Aussi, il adhère aux jeunesses communistes «Clarté». Aussi, il reprend à son compte cette formule de Nicolas BOUKHARINE «Les révolutionnaires sont des opportunités qui ont des principes».
Jean ZIEGLER, en 1964, chauffeur à Che GUEVARA à Genève, fait une rencontre décisive ; il voulait le suivre dans sa guérilla en Amérique latine. «Alors qu’à Genève, on voyait toutes sortes de réclames pour les grandes banques, les assurances et les bijoutiers. C’est ici, au cœur du système, que tu dois te battre, car c’est là que se trouve le cerveau du monstre», lui a dit Ernesto Che GUEVARA (1928-1967). Aussi, chacun doit se battre, là où il est le plus utile. Universitaire et homme politique, vivant dans un confort, un pays «libre, mais corrompu», Jean ZIEGLER estime qu’il a un devoir moral d’utiliser au maximum, la liberté d’expression dont il bénéficie, pour la mettre au service de causes justes. La Suisse est c’est «l’antre du capitalisme» et on peut lutter de l’intérieur. Aussi, Jean ZIEGLER est resté en Suisse en pratiquant «l’intégration subversive» telle que théorisée par Che GUEVARA. C’est une lutte de dénonciation des vautours, une oligarchie économique et financière.
II – Jean ZIEGLER, un tiers-mondiste, un Apôtre de la dignité humaine
Ecrivain, homme politique, enseignant, socialiste, Ministre de la parole, Jean ZIEGLER devient un tiers-mondiste radical. Homme et optimiste, d’obédience communiste, conjurant par sa parole, ses écrits contre la résignation et le pessimisme, Jean ZIEGLER, habité par l’espérance, toute sa vie est resté solidaire avec les vaincus. «Il y a beau temps que l’Afrique est mal partie. Mais voici aujourd’hui qu’elle accède au rang de terrain de manœuvres, privilégié des luttes d’influences planétaires, de champ de bataille des intérêts multinationaux, et qu’un gigantesque safari politico-économique fait l’enjeu de toutes les convoitises» écrit Jean ZIEGLER dans «Main basse sur l’Afrique. La recolonisation». En effet, comme Antonio GRAMSCI, il témoigne d’un «pessimisme de l’intelligence, un optimisme de la volonté».
Intellectuel majeur de la gauche, solidaire avec le tiers-monde, il estime que le capitalisme ne peut pas être réformé. «Le capitalisme ne peut être réformé. Il faut le détruire. Totalement, radicalement, pour que puisse s’inventer une organisation sociale et économique du monde nouvelle» dit-il. En 2024, dans son livre «où est l’espoir ?» Jean ZIEGLER se livre à une plaidoirie pour la résistance face aux crises mondiales et aux désastres de notre temps, comme les guerres locales injustes et leurs génocides, les famines, les injustices et les prédations.
A l’aube des indépendances africaines, Jean ZIEGLER a réévalué son jugement. «J’ai été façonné, porté, guidé par les promesses des luttes de libération anticoloniales. L’indépendance de ces États est largement fictive, et n’exprime qu’une souveraineté fictive, la totale dépendance de l’économie du pays à l’égard du centre métropolitain. C’est la présence au pouvoir local de satrapes qui manient avec intelligence un discours «désorienteur nationaliste», écrit, en 1980, Jean ZIEGLER, dans «Mains basses sur l’Afrique. La recolonisation». Cependant, il reste habité par l’espérance, «Des hommes aliénés, déculturés, détruits dans leur âme et dans leur chair par la violence de l’occupant conquièrent une identité, prennent la direction de leur histoire» écrit-il.
Rapporteur des nations unies pour le droit à l’alimentation de 2000 à 2008, Jean ZIEGLER estime que ce fléau, tuant chaque seconde, est causé par la conjonction de quatre facteurs : la dette extérieure la dette extérieure la spéculation boursière le déversement dans les marchés du tiers monde des produits occidentaux défiant toute concurrence et surtout le bardage des agricoles aux multinationales. Rien n’est plus scandaleux : dans un monde de plus en plus riche, trente millions d’êtres humains meurent de faim chaque année. «Les capitalistes font aujourd’hui un maximum de profits en spéculant sur les aliments de base comme le riz, le maïs, le blé. Les prix explosent, et toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. Aujourd’hui plus que jamais, il faut retourner les fusils» écrit-il. Jean ZIEGLER dira même qu’un «enfant qui meurt de faim, est un enfant assassiné». Pour lui, la faim est un crime contre l’humanité.
Jean ZIEGLER était ami du Burkinabé, Thomas SANKARA (1949-1987) arrivé au pouvoir par un coup d’État avec l’ambition de faire sortir son pays de la pauvreté, le président Burkina Faso, avait 1983 et 1987, entamé des réformes agricoles et foncières, des campagnes médicales de grande ampleur, une politique d’éducation. Thomas SANKARA réforma l’administration, lutta contre la corruption, diminua les dépenses de l’État, limita les pouvoirs traditionnels et travailla à l’émancipation de la femme. Tous les deux avaient pour ambition de lutter contre le garrot de la dette, une tyrannie conduisant à la sous-alimentation, la misère, l’analphabétisme, le chômage chronique, les maladies endémiques, la destruction des conséquences directes des termes inégaux de l’échange. «Périodiquement, à la périphérie, des hommes et des femmes se lèvent, refusent cet ordre du monde et revendiquent pour eux-mêmes, pour leur peuple, une chance de vie. Thomas Sankara est de ces hommes. Mystère de la liberté humaine : ces insurrections de l’esprit ont généralement lieu dans les contrées les plus démunies, les plus affligées», écrit, en janvier 2014, Jean ZIEGLER, dans «discours de la dette».
Jean ZIEGLER, jeune, a vécu à Kinshasa et Lubumbashi, au Congo de Patrice LUMUMBA, de 1961 à 1962, en tant qu’assistant de Dag HAMMARSKJOLD (1905-1961) Secrétaire général des Nations Unies, probablement assassiné, en pleine Guerre froide «Je pense que l’assassinat du Secrétaire général des Nations Unies est plausible. Je peux témoigner de la haine des pouvoirs katangais et des Occidentaux à l’égard d’Hammarskjöld qui ont soutenu la sécession du Katanga. Lumumba a été abattu par des mercenaires» dit-il.
Jean ZIEGLER a toujours dénoncé les crimes dans le monde, commis au nom du capitalisme et de la finance mondialisée, et l’opinion publique est restée dans le plus grand déni de ces méfaits. «Ils ont enlevé le casque, mais en dessous la tête coloniale est restée. Et le dernier avatar du colonialisme, c’est de coloniser l’histoire du colonialisme», écrit-il dans «La haine de l’Occident».
III – Jean ZIEGLER, la postérité et les vibrants hommages
Disparu le 10 juin 2026, à Genève, Jean ZIEGLER considère que la mort, la finitude du corps, est également une inconnue radicale. En Guinée-Bissau, celui qui marchait devant lui, a sauté sur une mine. Rebelle agnostique, Jean ZIEGLER pense que la vie, un miracle, a un sens. Depuis l’âge de 30 ans, chaque jour de gagné, est considéré comme un butin de guerre. «Au-delà de ce monde visible il doit y avoir un amour total qu’on appelle Dieu» dit-il. Comme Victor HUGO, proche de cette «Eglise invisible», Jean ZIEGLER a repris cette formule de l’écrivain français : «Je déteste toutes les églises ; j’aime les hommes ; je crois en Dieu».
Depuis la mort de Jean ZIEGLER, un humaniste à la dimension planétaire les hommages affluent. «Jean Ziegler était habité par le besoin d’essayer de changer le monde, pour que les injustices soient moins grandes» dit Nicolas WADIMOFF, cinéaste et ami proche du sociologue. Pour le Parti socialiste de Genève, Jean ZIEGLER figurait parmi les voix «les plus libres, les plus courageuses et les plus influentes». Jean Ziegler nous a appris que la neutralité ne dispense jamais de défendre la dignité humaine et les droits fondamentaux ; son engagement continuera d’inspirer notre parti et bien au-delà » disent Amanda GAVILANES et Cyril MIZRAHI, coprésidents du parti socialiste. Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Volker TURK, a ainsi salué un «combattant surtout pour les populations vulnérables ; un champion pour l’écosystème des droits humains et une personnalité extrêmement forte».
En France, «Jean Ziegler, sociologue et figure de l’altermondialisme, nous a quittés aujourd’hui. Il était aussi membre du conseil scientifique de notre Institut La Boétie. Peu d’hommes gardent une vie durant un engagement intellectuel et militant comme lui, y compris quand tant de certitudes et de partis politiques furent si défaillants. Sa leçon est celle du courage et de la détermination» écrit Jean-Luc MELENCHON de la France Insoumise. «Jean Ziegler aura passé sa vie à chercher où se loge l’espoir dans un monde ravagé par la faim, la guerre et les inégalités. Pourfendeur du système bancaire suisse, combattant infatigable du droit à l’alimentation et compagnon fidèle de notre journal, le sociologue n’a jamais séparé la pensée de l’engagement, ni la morale de la lutte pour la dignité humaine» écrit le 10 juin 2026, le journal «L’Humanité».
En France, les universitaires et écrivains humanistes ont également rendu hommage à Jean ZIEGLER. «J’avais pour Jean Ziegler, autant de respect que d’affection. Respect pour ses combats, respect pour son courage, pour la résistance qu’il a mis à ne jamais céder aux pressions et à faire passer le respect de ses principes avant ses intérêts. Les intérêts qu’il a dérangés ont suscité contre lui des campagnes de haine auxquelles il a résisté avec dignité. Mais aussi beaucoup d’affection pour sa gentillesse, son humour et sa disponibilité. Il a toujours fait preuve d’une grande humanité traitant tous ses interlocuteurs sur un pied d’égalité. J’ai eu le bonheur d’être son ami» dit Pascal BONIFACE.
Très tôt, anticolonialiste, Jean ZIEGLER s’est intéressé à la guerre de libération algérienne et a soutenu le FLN, dans un contexte où ce choix n’allait pas de soi pour un intellectuel européen. Cette proximité avec la cause algérienne a façonné durablement sa vision du monde : pour lui, la décolonisation ne se résumait pas à l’indépendance politique, mais devait s’accompagner d’une rupture plus profonde avec les rapports de domination hérités de l’ordre colonial. «Ses livres ne parlent pas uniquement de l’Afrique ou de la faim : ils exposent une même conviction, celle selon laquelle les peuples du Sud restent trop souvent victimes d’un ordre mondial construit contre eux. Au fond, Jean Ziegler a fait de l’Algérie un miroir de ses propres combats» écrit le 12 juin 2026, «Le Maghreb Emergent». Un autre journal ajoute «La disparition de Jean Ziegler marque la fin d’une des plus grandes voix critiques du XXᵉ et du début du XXIᵉ siècle. Pour l’Algérie, Jean Ziegler n’était pas seulement un intellectuel de renommée internationale. Il était un ami sincère, un compagnon de route fidèle, un homme qui n’a jamais cessé d’exprimer son admiration pour la lutte du peuple algérien et pour les idéaux de libération nationale qui ont porté la Révolution de Novembre» écrit, Mélina MALEK, le 10 juin 2026, dans «Algérie 24h». Le journal El Watan, lui a aussi rendu hommage «Chez Jean Ziegler, tout était affaire de combat. Le militant aura passé plus d’un demi-siècle à dénoncer les ravages de la faim, l’impunité des puissances financières, les politiques impérialistes et les mécanismes d’un capitalisme qu’il qualifiait de «prédateur». C’est aussi l’un des porte-voix des pays du Sud, à une époque où l’on parlait encore du «tiers-monde». Il défendait les populations frappées par la famine, les guerres ou la dette. Il lui était important de démontrer que la faim n’était pas une fatalité mais le produit direct d’un système économique mondial» écrit, Amel BLIDI, le 11 juin 2026, dans «El Watan».
Amadou Bal Ba
Paris le 10 juin 2023
Références bibliographiques
A – Contributions très sélectives de Jean ZIEGLER
ZIEGLER (Jean), Destruction massive, géopolitique de la faim, Paris, Seuil, 2011, 352 pages ;
ZIEGLER (Jean), La faim dans le monde expliquée à mon petit-fils, Paris, Seuil, 2015, 95 pages ;
ZIEGLER (Jean), La Suisse au-dessus de tout soupçon, Paris, Points, 2016, 240 pages ;
ZIEGLER (Jean), La Suisse lave plus blanc, Paris, Seuil, 1990, 192 pages ;
ZIEGLER (Jean), La Suisse, l’or et les morts, Paris, Seuil, 1997, 324 pages ;
ZIEGLER (Jean), La victoire des vaincus, oppression et résistance culturelle, Paris, Points, 2016, 352 pages ;
ZIEGLER (Jean), Le pouvoir africain, Paris, Points, 2016, 256 pages ;
ZIEGLER (Jean), Les chemins de l’espérance, combats gagnés parfois perdus, mais que nous remportons ensemble, Paris, Seuil, 2016, 272 pages ;
ZIEGLER (Jean), Les murs les plus puissants tombent par leurs fissures, dialogue avec Denis Lafay, éditions de l’Aube, 2018, 91 pages ;
ZIEGLER (Jean), Mains basses sur l’Afrique, la recolonisation, Paris, Seuil, 1980, 291 pages ;
ZIEGLER (Jean), Retournez les fusils ! Manuel de sociologie d’opposition, Paris, Seuil, 1980, 228 pages ;
ZIEGLER (Jean), Thomas Sankara et Jean Ziegler, discours sur la dette, Elystis Eds, 2014, 64 pages.
B – Autres références ou biographies
KARATAKA (Pascal, Nshombo), Jean Ziegler, un humaniste révolutionnaire, Paris, L’Harmattan, 2022, 134 pages ;
LAGARDE (Léopold), «L’optimisme de la volonté, un film de Nicolas Wadimoff, en 2018, sur Jean Ziegler» Recherches internationales, 2020, n°117, pages 217-218 ;
WEGELIN (Jürgen), Jean Ziegler, la vie d’un rebelle, Lausanne, éditions Favre, 2013, 192 pages ;
ZENIE-ZIEGLER (Wedad), La face voilée des femmes d’Egypte, Paris, Mercure de France, 1985, 207 pages.
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel
Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou la personne utilisant le service.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’utilisateurs afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.