De Merneptah Noufou Zougmoré      

Le peuple était invité dès les premiers moments de la Révolution à prendre son destin en main. Dès les premiers mois le pays était un chantier ouvert.

Au lendemain du triomphe de la Révolution, le peuple invité à se constituer en Comité de défense de la Révolution (CDR) n’a pas hésité. Dans la capitale Ouagadougou comme à l’intérieur du pays on a assisté à la mise place des CDR. Sitôt après son avènement, le Conseil national de la Révolution (CNR) a procédé à la restructuration de l’Armée. Les nouvelles unités ont été créées et déployé à des endroits stratégiques.

Les recrues de la classe 1979 et 1980 qui avaient été recalés ont été rappelées. Au même moment on avait mis 134 officiers, sous- officiers et soldats à la touche pour attitude contre révolutionnaire. La même chose sera faite dans les rangs des forces paramilitaires. C’est le 24 août 1983 que le premier gouvernement révolutionnaire a été formé.

Il y avait 20 Ministres, 15 civils et 5 militaires. Les missions ont été envoyées à l’extérieur pour expliquer les motivations du changement intervenu en Haute-Volta. Les meetings et veillées débats ont été organisé pour la conscientisation du peuple au idéaux du changement radical intervenu la nuit du 4 Août.

La Révolution est survenue en pleine famine dans le pays. La situation au Nord et dans le Sahel étaient critiques. Les CDR se sont mobilisés pour la distribution des vivres composés du mil, du maïs, les boîtes de sardine pour éviter le drame humain qui se profilait à l’horizon. C’était également la période des travaux d’intérêt commun ou dans chaque quartier, les populations se mobilisaient pour boucher les trous sur les voies, pour construire des écoles et creusé les tranchées pour l’adduction d’eau de la nationale de l’eau.

Dans l’administration publique 450 fonctionnaires jugés indélicats ont été remerciés répétant le même geste comme dans l’Armée. Par ordonnance n° 83-012/CNR/PRES en date du 14 septembre 1983, le pays a été découpé en 25 provinces à la tête desquels on a nommé les Haut-Commissaire. Une autre ordonnance a été prise le même jour amnistiant les infractions suivantes commises avant le 4 Août 1983.

Il s’agit : les blessures et coups volontaires non qualifiés de meurtres ; les homicides, blessures et coups involontaires à l’exception du délit de fuite concomitante ; les délits d’escroquerie prévues par l’article 405 du Code Pénal, les délits de vols prévus par les articles 379 et 401 du Code Pénal ; les délits d’abus de confiance prévus par l’article 406 et 408 du Code Pénal ; les délits d’abandon de domicile conjugal prévus par les articles 437 et 438 du Code Pénal ; les infractions d’injures et de diffamation.

DOP, ligne de conduite de la Révolution

Le 2 Octobre 1983, la Révolution se donnait une ligne de conduite à travers le Discours d’orientation politique (DOP). Dans le processus d’édification d’un pays estimé par les nouveaux maîtres comme étant toujours sous le joug de la néo-colonisation et l’exploitation éhontée des masses par une minorité prédatrice, le Conseil national de la Révolution (CNR) a créé par ordonnance n° 83-015 /CNR/PRES en date du 19 octobre 1983 les Tribunaux populaire de la Révolution (TPR). Les premières assises ont été ouvertes le 3 Janvier 1984 avec l’interpellation à la barre du général Aboubacar Sangoulé Lamizana et certains dignitaires de la IIIème République.

Le processus de transformation s’est poursuivi à travers un recensement de la population pour connaître le besoin en logement de la même population. Un décret pris réglementait le loyer et une opération commando de lotissement de Ouagadougou a été entrepris. A l’attribution ce qui était convenu, c’est un terrain par adulte. Dans la même lancée 60 bus TATA, une marque indienne ont été commandés et mis en circulation dans la capitale pour résoudre la problématique du transport en commun.

Poursuivant sa politique sociale le CNR a entrepris la construction de 90 boutiques Faso Yaar pour mettre à la portée du peuple les produits de premières nécessités. Les constructions des dispensaires, des écoles primaires et des collèges ont été entreprises par les CDR dans les villes et campagnes. 500 villas citées du 4 Août en raison de 20 villas par province ont vu le jour avant la célébration du 1er anniversaire de la Révolution démocratique et populaire (RDP).

La construction des petites retenues d’eau avait été entreprise. L’aéroport d’Orodara achevé a été inauguré le 8 octobre 1984 pour le désenclavement de cette zone qui est le verger du Burkina Faso. Au même moment le prolongement de la piste de l’aéroport de Bobo-Dioulasso était en chantier dans l’optique de permettre l’atterrissage des gros porteurs. Le 26 avril 1984 était lancé le projet Sourou, véritable grenier pour le Burkina Faso.

Le Sourou était une solution pour l’autosuffisance alimentaire du pays. Tous ces projets répondaient au slogan : « comptons sur nos propres forces » cher à la Révolution. Les Burkinabè cédaient une partie de leurs salaires ou contribuaient selon les moyens de chacun et étaient invité à mettre la main à la pâte sur les chantiers. A cette époque le pays était un immense chantier. Le programme populaire de développement (PPD) lancé le 1er octobre 1984 et qui s’est achevé en décembre 1985 portait tous ces projets.

Merneptah Noufou Zougmoré

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