Les 4 grandes étapes de la cérémonie
Nous avons été témoin du lancement de la Fondation Babou Paulin Bamouni le 11 mai dernier au Centre national de presse/Norbert Zongo (CNP/NZ). Quatre étapes de la cérémonie nous ont marqué.
La première c’est le décor travaillé pour accueillir l’activité. Nous pratiquons le CNP/NZ depuis 1997 avant que le nom ne soit donné à l’illustre journaliste Norbert Zongo. Nous avons été observateur de plusieurs manifestations en ce lieu mais cette initiative de rendre davantage belle la salle ne s’est produite qu’à des rares fois depuis qu’elle accueille les événements.
La seconde étape est le constat de la générosité de l’organisation pendant la collation. Elle a proposé à ses convives des plats locaux et des boissons locales en quantité et en qualité. Offrir un rafraîchissement aux gens en qui on a de l’estime dans la proportion que Céline Bamouni et son équipe ont fait après une activité qui leur tient à cœur est une forme de dignité africaine pour ne pas dire humaine.

La présidente de la Fondation internationale Babou Paulin Bamouni, Céline Bagnipia Bamouni, a salué l’accompagnement et la disponibilité des acteurs dans ce projet
La présidente de la Fondation internationale Babou Paulin Bamouni, Céline Bagnipia Bamouni, a salué l’accompagnement et la disponibilité des acteurs dans ce projet (photo le faso.net)

La 3ème étape a été le déroulé dans la solennité de la cérémonie. Nous avons pris un peu de l’âge et pendant 20 ans au cours de notre carrière de journaliste, nous avons travaillé sur la question Thomas Sankara et la Révolution Burkinabè. Dans une vie antérieure nous avons été militant du mouvement Sankariste. C’est le militantisme qui nous a conduit dans le métier de journalisme, donc nous connaissons les acteurs qui étaient présent à la première loge à la cérémonie du lancement de la Fondation. Le charme pour le vieil observateur que nous sommes, C’est la présence des militants des organisations qui ont provoqué la chienlit qui a conduit au dénouement sanglant du 15 octobre 1987, événement au cours duquel Babou Paulin Bamouni est resté. A la table d’honneur il y avait un militant de l’Union des luttes communistes reconstruites (ULCR), deux militants identifiés de l’Union communiste Burkinabè (UCB) et un ancien militant encarté du Parti Africain de l’indépendance (PAI) par ailleurs journaliste même si après l’éviction de son parti, il a continué avec le CNR. L’hommage unanime de toutes ces personnalités à Paulin Bamouni doit être une leçon pour la jeunesse aujourd’hui parce que l’histoire est répétition souvent. Il ne faut pas que dans quelques années entre amis on fasse un mea-culpa de conscience avant de se rendre à ce genre de rencontre mémorielle. Faisons l’économie des erreurs commises par nos aînés. Ce ne sont pas des accusations que nous portons aux personnalités présentes le 11 mai au CNP/NZ. C’est juste pour indiquer l’engagement dans la bagarre de leurs organisations dont la finalité a été les événements sanglant du 15 octobre 1987.

Cette activité a connu une grande mobilisation (photo lefaso.net)

La quatrième étape a été le témoignage de Sita Tarbagdo. Un meeting des Comités de la Défense de la Révolution (CDR) dans un secteur, une demande de couverture, deux reporters désignés s’y rendent pour la couverture. L’ordre du jour du meeting dénonciation des dérives du secrétariat général national des Comités de défense de la Révolution SGN/CDR. Après la parution de l’article, des militaires débarquent à la Rédaction et embarquent le binôme qui était en reportage au meeting des CDR du secteur. En toute responsabilité Paulin Bamouni, patron de Carrefour Africain et de Sidwaya intervient auprès des autorités du SGN/CDR et ses agents sont relâchés. Comme l’a dit une sommité des médias Burkinabè par ailleurs enseignant connu de ceux qui ont fait des études de journalisme et de la communication au département de communication et journalisme. Le journalisme n’est pas un métier pour âme vierge.

Cet exemple prouve à souhait que pour assumer des responsabilités dans les médias, il faut avoir du cran et être d’une âme généreuse pour pouvoir protéger ses agents. Babou Paulin Bamouni à fait des émules, les journalistes de ma génération à Sidwaya citent aussi l’exemple du magistère d’un certain Michel Ouedraogo en termes de protection des rédacteurs. L’auteur de Obou (un des ouvrages de Babou Paulin Bamouni qui va être rééditer) s’est assumé en son temps en affrontant le tout puissant secrétariat général national des CDR, Pierre Ouedraogo, afin de pouvoir sortir ses journalistes des griffes de cette institution qui avait la réalité du pouvoir sous la Révolution démocratique et populaire (RDP).
Les projets de la Fondation
La Fondation s’engage à soutenir les jeunes journalistes avec des bourses d’études. Elle a en projet de créer une école de journalisme une bibliothèque des sciences de l’information et de la communication, et une maison d’édition. Comme Paulin Bamouni avait plusieurs cordes à son arc, cette dernière visera à promouvoir le livre parce que la personnalité disparue dont la fille dédie la Fondation était aussi écrivain. Nous allons demander à Céline Bamouni d’organiser souvent aussi des rencontres de partage entre anciens journalistes et les nouveaux qui viennent d’embrasser le métier ou qui sont en cours d’exercice. De par notre expérience ces rendez-vous entre séniors et jeunes sont très formateurs.
Pour illustrer notre propos, nous fréquentions un aîné aujourd’hui disparu. Nous avons appris beaucoup de lui à travers ses livres et ce qu’il nous racontait de son expérience dans le mouvement étudiant et sa participation à la Révolution démocratique et populaire (RDP). Dans nos apartés, il nous a dit un jour qu’après la malheureuse guerre de 1985 entre le Mali et le Burkina Faso, il faisait partie d’une délégation conduit par Basile Guissou alors ministre des Relations Extérieures en France. Avant le déplacement l’opinion française était hostile au Burkina Faso. Pour elle c’est le pays de Thomas Sankara qui avait provoqué le Mali. Il a pris le soin de prendre les images horribles des victimes des bombardements de l’armée de l’air malienne dans certaines localités du pays et par ses relations dans certaines télévisions en France. Il a pu passer ces images avec commentaire et après diffusion c’est l’effet inverse qui s’est produit. Il nous avait en outre assuré que contrairement à ce qu’on pense, paradoxalement c’est la presse dite bourgeoise qui a promu certaines Révolutions dans le monde. L’exemple le plus parlant a été l’interview accordée par Fidel Castro à Herbert L Matthews de Washington Post, le 17 février 1957 pendant qu’on l’avait donné pour mort. Cette interview a remis le leader Maximo en pole position et contribué à faire la publicité du mouvement insurrectionnel qu’il dirigeait.
Vivement que les projets de la Fondation voient le jour et que de là ou est Babou Paulin Bamouni, il soit fier de la perpétuation de sa mémoire par la continuité dans la noblesse du métier d’informer et d’éduquer.
Meneptah Noufou Zougmoré

LAISSER UN COMMENTAIRE

Saisissez votre commentaire svp!
SVP saisissez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.